Une étape cruciale vient d'être franchie pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Les présidents américain et iranien ont chacun signé mercredi soir le protocole d'accord dans lequel l'Iran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions des États-Unis. Téhéran devra également permettre dans un délai de trente jours le plein rétablissement de la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz, passage clé pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Signature à distance et réactions
Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump, en visite en France, a indiqué un responsable américain. Le texte a été signé électroniquement et à distance par le président iranien Massoud Pezeshkian et son homologue américain, a confirmé de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. « Il est désormais temps de mettre à l'épreuve la mise en œuvre de cet accord », a-t-il martelé.
Téhéran et le Hezbollah crient victoire
La cérémonie de signature formelle par le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, initialement prévue en Suisse ce vendredi, semble en conséquence désormais sans objet, selon Téhéran. Esmaïl Baghaï a en effet indiqué qu'elle n'avait « pas vraiment sa place » dans les plans iraniens.
Téhéran voit dans cette signature une victoire. « Cet accord acte l'échec des États-Unis face à l'Iran », a ainsi déclaré mercredi soir Mohammad Bagher à la télévision d'État. Sur la même ligne, le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a qualifié cet accord de « grande victoire » pour l'Iran, qu'il a remercié d'avoir insisté pour y inclure le front libanais.
Dans un message télévisé, Naïm Kassem a également appelé à « tirer profit » de cet accord pour « expulser Israël » du Liban, pays entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a tiré le 2 mars des roquettes contre Israël en soutien à l'Iran. Il a aussi appelé le gouvernement libanais à arrêter les négociations directes avec Israël engagées depuis avril sous l'égide de Washington. Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que le processus était « indépendant » de l'accord américano-iranien.
Des négociations avant un accord définitif
Le texte du protocole d'accord signé mercredi prévoit que les États-Unis suspendent, dès sa signature, leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Ils s'engagent également à lever l'ensemble de leurs sanctions contre Téhéran en cas de conclusion d'un accord définitif, au terme d'une période de négociations de 60 jours.
Au cours de ces deux mois, les deux pays discuteront d'un mécanisme permettant de traiter les stocks iraniens « en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) », a souligné un responsable américain, voulant y voir une « victoire majeure » pour Washington.



