Depuis 1968, Mireille Puglièse, surnommée « Mimi », est la concierge de la résidence Eden à Roquebrune-Cap-Martin. À 88 ans, elle continue de veiller sur les résidents avec une énergie débordante, au point que son cardiologue lui a récemment recommandé de poursuivre son activité, affirmant que c'est « très bon pour la santé et le moral ».
Une carrière débutée avec le bâtiment
Mireille est arrivée sur la Côte d'Azur à 18 ans, venant de Bretagne avec ses parents. Après avoir travaillé comme vendeuse dans une volaillerie à Cannes, géré une auberge familiale à Sclos de Comte, puis l'Hôtel du Globe dans les jardins Biovès, elle s'installe en janvier 1968 dans l'appartement de fonction de la conciergerie de l'Eden, alors que le chantier n'est pas terminé. « Quand on est arrivés avec mon mari Vincent et mes enfants, il n'y avait même pas de porte d'entrée », se souvient-elle.
La résidence, située avenue Robert Schumann, compte une centaine d'appartements répartis sur deux bâtiments de six étages, face à la baie de Carnolès. Très vite, des liens dépassant le cadre professionnel se tissent entre la famille Puglièse et les propriétaires. Catherine, habitante de Troyes qui vient en vacances à l'Eden depuis ses 17 ans, se rappelle : « Quand on arrivait et qu'on avait fait 1 000 km en voiture, Vincent nous avait préparé de la pizza ou de la soupe au pistou. »
Une présence indispensable
Pour Catherine, « même s'il a vieilli, l'Eden ne serait pas aussi beau sans le travail de Mimi et Vincent ». Sa petite-fille, Célia Martiel, résume : « L'Eden sans Mimi, ce n'est plus l'Eden. » Si son travail inclut maintenance, surveillance et protection, c'est surtout sa mémoire vivante qui impressionne. Marie-Paule Michel, professeure à la retraite du Pas-de-Calais, vient régulièrement depuis 1972 : « Elle connaît même l'emplacement de chaque tuyau. » Sa petite-fille renchérit : « Elle saurait même dire si telle pièce de l'ascenseur est d'origine ou si telle autre a déjà été changée. »
Les liens sont si forts qu'ils persistent malgré les déménagements. Une famille installée à Monaco continue de rendre visite à Mireille chaque mois. Les petits-enfants de Catherine se lèvent à 7 heures du matin pour descendre à la loge prendre leur petit-déjeuner avec Mimi. « Dès qu'ils arrivent, ils lui sautent au cou pour lui dire bonjour », raconte-t-elle en riant.
Une vie au service des résidents
Mireille ne compte pas ses heures. Chaque jour est rythmé par l'imprévu, et elle répond toujours présente pour résoudre les problèmes. « Je me sens utile en rendant service aux résidents, et ce n'est pas qu'une impression, je sers vraiment à quelque chose », confie-t-elle. Cette stimulation permanente est, selon elle, la clé de son énergie.
Sa famille est également fière de son parcours. Un fils a été pilote de rallye, un autre lutte contre le VIH dans la région, une petite-fille est infirmière en cardiologie à Monaco, et un petit-fils est directeur de course à l'Automobile Club de Monaco. Tous ont fait l'objet d'articles dans Nice-Matin, et la famille a tenu à ajouter celui de Mireille à la collection.
Un standard téléphonique devenu relique
Jusqu'à récemment, chaque appartement était équipé d'une ligne téléphonique reliée au bureau de la gardienne. Ce standard a fait office de jeu pour les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de la famille. Les travaux de rénovation de la loge ont obligé Mireille à s'en séparer, mais pas question de le jeter : il trône désormais sur le balcon d'un de ses enfants.
La retraite ? Pas pour l'instant
Interrogée sur sa retraite, Mireille répond : « Pour le moment je reste. Il n'y a pas d'impératif à ce que je parte. » Elle compte bien rester aussi longtemps que sa santé le permettra. Et quand le moment sera venu de rendre les clés de la loge, elle envisage de s'installer dans l'un des 104 appartements de l'Eden, pour ne jamais quitter l'immeuble qui a vu grandir sa famille.



