À Cazilhac, des réfugiés ukrainiens construisent leur avenir
Cazilhac : les Ukrainiens s'installent durablement

Dans le petit village de Cazilhac, dans l'Hérault, une trentaine de réfugiés ukrainiens, arrivés en 2022, ont dû accepter une réalité : ils ne peuvent pas rentrer chez eux. « On ne peut pas revenir, donc on pense à bien étudier le français et à s'intégrer », confie l'un d'eux. Cette phrase résume le tournant dans leur parcours : après l'espoir d'un retour rapide, place à une installation durable.

Un exil qui se prolonge

Ces Ukrainiens ont fui la guerre déclenchée par l'invasion russe. Beaucoup pensaient rester quelques mois. Mais les bombardements et l'insécurité persistent. « Ma maison est détruite, ma ville est sous occupation », témoigne une mère de famille. Impossible de revenir. Alors, ils ont décidé de s'investir pleinement dans leur nouvelle vie.

Le village de Cazilhac, d'environ 1 500 habitants, a vu sa population augmenter modestement. Les réfugiés sont logés dans des bâtiments communaux, mis à disposition par la mairie. Une solidarité locale s'est organisée pour faciliter leur accueil.

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L'apprentissage du français, clé de l'intégration

Les cours de français sont devenus une priorité. Chaque semaine, ils suivent des ateliers linguistiques. « Sans la langue, on ne peut rien faire : ni travailler, ni scolariser les enfants correctement », explique une bénévole. Les progrès sont visibles, et certains commencent à chercher un emploi dans les exploitations viticoles ou le BTP.

Les enfants, eux, sont scolarisés dans l'école du village. Ils apprennent vite et servent parfois d'interprètes à leurs parents. « Ils sont très motivés, c'est impressionnant », constate la directrice de l'école.

Un avenir à construire, entre espoir et résignation

Pour beaucoup, l'idée d'un retour s'éloigne. « On a compris que ça allait durer », admet un jeune homme. Ils envisagent désormais de s'installer définitivement, d'acheter une maison ou de monter une petite entreprise. La mairie de Cazilhac soutient ces projets, consciente que cette population peut revitaliser le village.

Mais le déchirement reste profond. « On a laissé notre vie là-bas, nos parents, nos amis », confie une femme. Malgré tout, ils s'accrochent à l'avenir ici. « On veut que nos enfants soient heureux, qu'ils réussissent. C'est pour ça qu'on travaille dur. »

Cette intégration progressive est observée dans d'autres communes françaises qui ont accueilli des Ukrainiens. Selon les données locales, près de 2 000 réfugiés sont installés dans le département de l'Hérault. Leur présence modifie peu à peu le paysage démographique et social de ces territoires ruraux.

L'avenir de ces familles se joue désormais en France. Ils l'assument, avec la volonté de s'enraciner. « On ne peut pas revenir, alors on avance », conclut l'un d'eux. Un sentiment partagé par la communauté, qui continue de se battre pour une vie normale, loin des bombes.

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