L'ancien ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, a livré son analyse du bras de fer commercial qui oppose Washington à Ottawa. Dans une tribune publiée par Le Point, il décrypte les ressorts de cette confrontation et les enseignements que l'Europe pourrait en tirer.
Un conflit révélateur des méthodes de l'administration Trump
Gérard Araud revient sur les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada, déclenchées par les droits de douane imposés par l'administration Trump sur l'acier et l'aluminium canadiens. Il souligne que cette offensive s'inscrit dans une stratégie plus large de remise en cause des accords commerciaux existants, notamment l'ALENA, renégocié sous la pression de Washington.
Selon l'ancien diplomate, le Canada a répondu avec fermeté, en imposant des droits de douane de rétorsion sur des produits américains, tout en maintenant un dialogue diplomatique. Cette double approche, à la fois ferme et ouverte, a permis à Ottawa de préserver ses intérêts sans rompre les négociations.
Des leçons pour l'Europe face à la pression américaine
Gérard Araud estime que l'Europe doit observer attentivement cette confrontation, car elle pourrait être confrontée à des pressions similaires. Il recommande aux dirigeants européens de ne pas céder à la tentation de la négociation à tout prix, mais de savoir répondre avec des mesures de rétorsion ciblées, tout en gardant des canaux de dialogue ouverts.
L'ancien ambassadeur insiste sur l'importance de l'unité européenne face à un partenaire américain qui joue sur les divisions. Il cite l'exemple du Canada, qui a su mobiliser son opinion publique et ses alliés pour faire poids face à Washington.
Un équilibre délicat entre fermeté et diplomatie
Le conflit entre les États-Unis et le Canada illustre, selon Gérard Araud, la difficulté de trouver un équilibre entre fermeté et diplomatie. Il note que le Canada a évité l'escalade tout en montrant sa détermination, une approche qui pourrait inspirer les Européens.
Il conclut que l'Europe doit se préparer à des relations commerciales plus conflictuelles avec les États-Unis, et que la réponse canadienne offre un modèle de gestion de crise. Les leçons de ce bras de fer pourraient ainsi guider la stratégie européenne dans les mois à venir.



