À Evian, le ras-le-bol du G7 : habitants et commerçants excédés
À Evian, le ras-le-bol du G7 : habitants excédés

Des deux événements qui marquent ce début de saison à Evian-les-Bains, le G7 (15-17 juin) et le contre-la-montre décisif du Tour de France (21 juillet), il n'est pas difficile de deviner lequel sera le moins regretté. Depuis une semaine, la station thermale savoyarde (9 300 habitants) a pris des airs de confinement de l'époque Covid-19, avec ses commerces fermés « cause G7 », ses rues désertées et ses patrouilles de police réclamant le QR Code réglementaire aux passants.

Un quotidien perturbé

« On m'a demandé le mien alors que je m'apprêtais à passer la porte de mon immeuble, un sac de courses à la main », raconte Clément, informaticien évianais de 32 ans. Circulation restreinte, liaisons ferroviaires et lacustres interrompues, déploiement géant de 16 000 policiers, gendarmes, militaires, pompiers et gardes-frontières – équipes équestres et cynophiles comprises : beaucoup d'habitants ont décidé de quitter la ville pour la semaine, et les seuls étrangers visibles sont les forces de l'ordre.

Des commerçants en colère

Les commerçants, eux, subissent de plein fouet la baisse de fréquentation. « C'est une catastrophe économique. On nous a promis des retombées, mais pour l'instant, on ne voit que des barrières et des agents de sécurité », déplore un boulanger du centre-ville. Les clients se font rares, et ceux qui tentent de s'approcher sont souvent refoulés faute de QR Code valide.

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Un sentiment d'étouffement

Au-delà des contraintes pratiques, c'est un sentiment d'étouffement qui prédomine. « On se sent prisonniers chez nous. Vos Trump et les autres, je les jette dans le lac », lance un riverain, exaspéré. Le dispositif de sécurité, pourtant nécessaire au regard des enjeux diplomatiques, est vécu comme une intrusion insupportable dans le quotidien des habitants.

Alors que le sommet touche à sa fin, l'heure est au soulagement. « On va enfin pouvoir respirer », soupire une commerçante, déjà tournée vers la prochaine échéance : le Tour de France, un événement bien moins contraignant pour la population locale.

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