Demi Vollering a construit sa victoire dans le Tour de France Femmes 2026 en remportant les deux dernières étapes à Nice, conservant son maillot jaune et s'offrant un second titre. La leader de l'équipe FDJ United-Suez a démontré sa supériorité dans les collines niçoises, après avoir été battue dans le Ventoux vendredi.
Une victoire forgée dans la défaite
Battue vendredi dans le Ventoux, Demi Vollering a su rebondir avec détermination. « Demi était déçue après le Mont Ventoux mais on l'a directement remotivée », a confié son équipière Juliette Berthet. La Néerlandaise a alors montré toute l'étendue de son talent en s'imposant lors des deux dernières étapes, à Nice, pour conserver son maillot jaune et décrocher un deuxième titre sur la plus grande course du monde.
Au départ de Suisse il y a dix jours, les observateurs citaient volontiers le patronyme de la leader de l'équipe FDJ United-Suez dans le peloton des favoris. Pas illogique au vu de son pedigree. Mais la France rêvait de voir Pauline Ferrand-Prévot conserver sa tunique acquise en 2025, et la Pologne d'assister à un nouveau sacre de sa championne Kasia Niewiadoma après 2024. Un joli brelan d'as pour se tailler la part du lion.
La bataille à trois puis le duel final
« PFP » hors-jeu dès l'entame, la bataille s'est dessinée sans elle mais n'a pas manqué de sel. Elle s'est d'ailleurs un temps jouée à trois malgré tout, avec une Marlen Reusser en jaune à partir du contre-la-montre et seulement décramponnée dans le Ventoux vendredi. Annoncé décisif, le week-end niçois l'a donc été. Il est venu départager Niewiadoma et Vollering, deux filles déjà titrées sur les routes tricolores mais logiquement pas rassasiées. À la première le coup d'éclat au sommet du Géant de Provence, à la seconde la démonstration dans la Baie des Anges.
Samedi et dimanche, histoire d'être sûre que tout le monde a bien compris. La plus forte, c'était elle, Demi Vollering. Déjà partie vite et fort dans les collines niçoises avant-hier, elle a appuyé encore plus hier pour transformer ses 8 secondes d'avance en écart rédhibitoire. Comme prévu, la dernière étape de cette édition 2026 et ses quatre ascensions du col d'Èze a ressemblé à une drôle de boucherie. Logique quand on sait que l'organisation avait choisi de donner le départ officiel… le nez dans la pente. Dans le dur d'entrée, histoire de mettre toute la bande au parfum et de faire grimper les pulsations.
Une équipe soudée derrière sa leader
« On s'était dit que l'équipe UAE allait durcir, au final c'est Canyon-Sram qui l'a fait les deux premiers tours, relatait Juliette Berthet, équipière de Vollering. Je pense qu'elles voulaient isoler Demi, donc j'étais contente d'avoir des bonnes jambes pour qu'elle ne soit pas seule. » Mieux vaut être solidement accompagnée dans la quête d'or. Éparpillé, le peloton s'est réduit comme une peau de chagrin au fil des boucles et le bras de fer prévu entre Vollering et Niewiadoma a pris forme dans les pentes du Vinaigrier et le finish du col d'Èze.
Une accélération par-ci, une attaque par-là et l'étape s'est décantée. La maillot jaune a tenu bon et s'est envolée à 700 mètres du sommet, gagnant Nice en leader et en vainqueure. Le compte est bon. « C'était la plus forte », a insisté Berthet. Et beau à voir. « C'était tellement dur, on est passé par beaucoup d'émotions, soufflait de son côté Marie Le Net, autre équipière. Mais Demi nous fait vraiment confiance, elle a cette capacité à rassembler. Elle nous a dit « OK, j'ai le maillot, mais je vais avoir besoin de toute mon équipe derrière moi ! » C'est quelqu'un d'exceptionnel. »
Si vous êtes du genre sujets aux vertiges, mieux vaut d'ailleurs éviter d'aller jeter un coup d'œil à son palmarès : il donne mal à la tête et file le tournis. Comme ce Tour de France 2026, ébouriffant et drôlement séduisant.



