Mario Vilau a ouvert la grande porte des arènes de Millas ce dimanche en coupant deux oreilles, confirmant son statut de chef de file de l'escalafón des novilleros. Devant des gradins quasi combles, le Barcelonais a triomphé face à un excellent novillo de Raphaël Chaubet, primé comme meilleur de la novillada concours.
Une novillada concours 100 % élevages français
Les arènes catalanes ont fait le plein pour cette novillada concours, malgré une chaleur caniculaire. Les organisateurs ont misé sur une présentation irréprochable du bétail, avec trois novillos qui se sont distingués par leur sérieux (Hubert Yonnet, Taurelles et Fils, La Golosina), tandis que les trois autres, de gabarit plus modeste, affichaient une silhouette harmonieuse. Quatre exemplaires sont retournés à trois reprises vers la cavalerie, témoignant de leur bravoure.
Deuxième place forte de la tauromachie en Pays Catalan après Céret, Millas s'impose désormais comme un rendez-vous incontournable du calendrier régional. L'engouement des aficionados ne s'est pas démenti, confirmant la vitalité de la tauromachie dans la région.
Le triomphe de Mario Vilau
Mario Vilau a ouvert une nouvelle grande porte au cours d'une saison où il s'affirme comme l'un des meilleurs espoirs du moment. Face à son premier opposant de Jalabert, vite arrêté en début de faena, le Catalan a livré un effort méritoire qui lui aurait valu un premier trophée sans trois échecs répétés aux aciers.
C'est avec son second, un novillo de Raphaël Chaubet accueilli a porta gayola, que le Barcelonais a fait étalage de tout son talent. Faisant preuve d'une belle variété à la cape comme à la muleta, Vilau a su exploiter parfaitement la noblesse et la classe de son adversaire, traçant des séries profondes et basses appliquées sur les deux cornes. Malgré une faena un brin à rallonge, une entière engagée lui a permis de décrocher deux oreilles incontestables.
Le brave de Chaubet a logiquement été honoré d'une vuelta posthume et du prix du meilleur novillo de la concours, récompensant ses trois piques prises avec entrain (parfaitement dosées par le picador) ainsi que son fond et sa classe dans le dernier tercio.
Clément Hargous, un chef de lidia exemplaire
De son côté, Clément Hargous a agi en véritable chef de lidia durant toute la novillada, s'impliquant avec sérieux durant les trois tercios de ses deux combats. Son premier, un Yonnet qui manquait de force, n'a pas permis de lier réellement le dialogue avec le public. Son second, issu de l'élevage San Sebastian, s'est quant à lui rapidement éteint à la muleta après un châtiment excessif.
Pour saluer ses efforts répétés, le public a réclamé une oreille, finalement refusée par la présidence. Une décision qui a laissé un goût d'inachevé pour le torero français, dont la prestation a été saluée par les aficionados.
Santiago López Ortega, un artiste en devenir
Enfin, le style de Santiago López Ortega a surpris. Alors qu'on attendait du novillero mexicain un toreo fleuri et des fulgurances aux banderilles, Millas a découvert un torero artiste, empreint d'inspiration sévillane. Un manque de technique et d'expérience s'est toutefois fait sentir au moment de dominer l'imposant novillo de Taurelles, puis son dernier de La Golosina, noble mais trop juste de forces.
Cette novillada concours a une fois de plus démontré la richesse de l'élevage français et le talent des jeunes novilleros, dans une ambiance festive et passionnée. Rendez-vous est pris pour les prochaines corridas de la région.



