Victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt : l'Europe bascule à droite
Victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt : l'Europe à droite

La victoire du parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) dans le Land de Saxe-Anhalt, à l'est de l'Allemagne, constitue le dernier exemple en date de la droitisation des opinions publiques européennes. Ce succès, survenu cette semaine, illustre un phénomène plus large : nos démocraties n'ont jamais été aussi à droite.

Une radicalisation assumée de l'AfD

L'AfD, qui n'a cessé de se radicaliser, veut désormais limiter l'enseignement de la période du IIIe Reich pour ne plus alimenter un « complexe de culpabilité » permanent. Cette prise de position n'est pas sans rappeler le « point de détail » révisionniste de Jean-Marie Le Pen, il y a près de 30 ans. L'explosion de joie des supporters de l'AfD après la victoire de leur parti en Saxe-Anhalt a été immortalisée par le photographe Ronny Hartmann de l'AFP.

Un recentrage des partis de droite traditionnels

L'AfD avance pourtant à contre-courant de la plupart des partis les plus à droite sur l'échiquier politique européen, désormais en quête de respectabilité. En France, Marine Le Pen a viré son père et l'antisémitisme, changé le nom de son parti, maintenu la lutte contre l'immigration et contre l'insécurité comme deux axes majeurs tout en y ajoutant un volet très social, aux accents de gauche. Elle a aussi, par pragmatisme ou face aux événements comme la guerre en Ukraine, fait évoluer son discours sur l'euro, dont il n'est plus question de sortir, ou sur la Russie, qui n'est plus fréquentable.

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En Italie, Fratelli d'Italia, issu du MSI créé après-guerre par des nostalgiques de Mussolini, a conquis le pouvoir il y a quatre ans au sein d'une coalition dite de centre-droit. Giorgia Meloni mène une politique libérale en économie, de soutien à l'Ukraine et a même délivré plusieurs centaines de milliers de permis de travail à des migrants pour répondre à un criant manque de main-d'œuvre.

Des évolutions contrastées en France

Ce glissement vers la droite se manifeste également en France, par petites touches, chez des responsables de gauche ou du centre. François Hollande met avec précaution le cap à tribord, proposant plus de fermeté en matière d'immigration. Gabriel Attal a jeté par-dessus bord le « en même temps » au point de s'attirer les foudres d'Elisabeth Borne, qui juge qu'il « s'éloigne nettement des valeurs » du centre. Chez LR, Bruno Retailleau hisse les couleurs d'une droite décomplexée.

Des questions sur l'avenir politique

Ces évolutions seront-elles suffisantes pour reconquérir les citoyens tentés par le dégagisme des élus en place, auxquels ils reprochent, à tort ou à raison, de ne pas avoir su les protéger d'un déclassement provoqué par la mondialisation et d'une perte d'identité générée par l'accroissement de l'immigration ? Le récentrage de certains partis a d'ailleurs provoqué la percée à leur extrême droite de nouvelles formations, comme Futuro Nazionale (FN) en Italie, dirigé par un ancien général Roberto Vannacci, qui prône la « remigration », l'abolition du délit de féminicide ou une nationalité révocable pour les Italiens naturalisés.

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