Alors que la consommation de vin en France a chuté de 28 % en près de vingt ans, pour s'établir à environ 35 litres par personne et par an, les foires aux vins d'automne s'imposent comme un rendez-vous incontournable pour l'ensemble de la filière. Hypermarchés, supermarchés, cavistes traditionnels, producteurs et acteurs de l'e-commerce rivalisent d'offres, au bénéfice des consommateurs qui peuvent se constituer une cave à moindres coûts.
Une concurrence accrue au bénéfice des consommateurs
Les habitudes de consommation évoluent : essor du marché de la bière, apparition des boissons sans alcool, succès croissant de la mixologie. Surtout, un véritable changement générationnel s'opère, avec des 25-34 ans bien moins attachés aux codes traditionnels de l'œnologie. Dans ce contexte, chaque acteur de la distribution déploie des stratégies différentes pour séduire cette nouvelle clientèle.
Cette concurrence profite directement aux consommateurs, qui voient les offres se multiplier partout en France et sur tous les supports. Les foires aux vins deviennent une occasion en or pour se constituer une cave à moindres coûts, comme le souligne L'Express, qui aide à s'y retrouver dans cette jungle des étiquettes.
Domaine de La Dourbie, l'esprit du Languedoc
La famille Serin a pris les rênes de cette propriété de Canet, sur les rives de l'Hérault, en 2003. Les 32 hectares conduits en bio courent sur trois terroirs : les parcelles historiques autour de la bastide, celles d'Aspiran sur les pentes d'un volcan éteint et sur les coteaux de Rouveyrolles, où poussent des carignans et grenaches blancs septuagénaires.
« Ces vieux ceps constituent des œuvres d'art, confie Laurent Graell, directeur-adjoint du domaine. Plus nous limitons nos interventions, mieux il nous semble leur rendre hommage. » De l'accessible Marius (15 €) aux cuvées parcellaires Intemporal (38 €) et Mala Coste (25 €), la gamme recèle de vraies pépites. Une vision contemporaine du Languedoc, attachée au terroir mais libérée des codes.
Château Fourcas Dupré accélère sa mue
Racheté en 2019 par l'entrepreneur breton Gérard Jicquel, le cru de Listrac-Médoc vient de conclure quatre années de travaux. Une renaissance : le nouveau chai et son cuvier parcellaire permettent de gagner en précision et de mieux exprimer la diversité des 47 hectares de vignes de la propriété.
Une évolution stylistique qui se lit aussi dans le verre à travers une nouvelle gamme (de 10,90 à 13,90 €), plus contemporaine, que le directeur général Lucas Leclercq a déployée aux côtés du grand vin historique. Blanc de noirs, monocépages, assemblage de plusieurs millésimes ou élevage en amphores élargissent progressivement le champ des possibles autour du terroir. Une belle façon de révéler le fruit, les textures et les équilibres du vignoble médocain.
Création d'un nouveau domaine en Anjou
À Brion, dans le Maine-et-Loire, le projet Les Hautes Belles entend renouer avec l'histoire locale. Fort de bientôt quatre hectares, dont une partie plantée au sein d'un clos en tuffeau au cœur du village, cette nouvelle aventure viticole en Anjou Blanc a été initiée, en 2022, par Sébastien Malan. Ce médecin parisien prodigue désormais ses soins, à mi-temps, aux ceps de chenin, de cabernet franc et sauvignon, de cot et de pineau d'Aunis, qui constituent l'identité ligérienne du vignoble.
Dès le départ, pour le praticien, l'engagement en agriculture biologique apparaît comme une évidence. Encore discret - seules 1 000 bouteilles de rosés illustrent le millésime 2025 -, le domaine avance avec l'ambition d'afficher une nouvelle signature angevine, attentive à son environnement et à l'expression de son terroir. À suivre.



