En pleine tempête politique, le gouvernement du Premier ministre britannique Keir Starmer s'apprête à dévoiler ses priorités législatives mercredi lors du traditionnel discours du trône, prononcé par le roi Charles III à Westminster lors d'une fastueuse cérémonie. Ce rituel de la vie politique marque l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire et permet de présenter les projets de loi que le gouvernement souhaite introduire dans les douze mois à venir.
Un contexte de crise pour Starmer
Ce discours intervient après plusieurs jours chaotiques pour Keir Starmer, appelé à la démission par 86 députés de son propre camp travailliste sur un total de 403, à la suite d'élections locales aux résultats désastreux en Grande-Bretagne la semaine dernière et de nombreuses polémiques. Quatre secrétaires d'État ont également quitté leurs fonctions mardi en signe de défiance. Malgré ces pressions, le chef de l'exécutif a assuré vouloir « continuer à gouverner ». Cent neuf députés du Labour lui ont apporté leur soutien dans une lettre, selon la BBC, estimant que « ce n'est pas le moment d'engager une procédure de contestation de la direction » du parti.
Rencontre avec un rival potentiel
Selon les médias britanniques, le Premier ministre doit rencontrer le ministre de la Santé Wes Streeting, dont le nom revient comme l'un de ses principaux rivaux, avant ce discours. Le Royaume-Uni « se trouve à un moment charnière : aller de l'avant avec un plan pour bâtir un pays plus fort et plus juste, ou revenir au chaos et à l'instabilité du passé », a déclaré Keir Starmer, cité dans un communiqué publié mardi soir par Downing Street. « Le monde d'aujourd'hui est plus volatil et dangereux qu'il ne l'a été à aucun moment de l'histoire récente », a également souligné le bureau du Premier ministre, avec des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine qui « menacent le niveau de vie » dans le pays.
Traditions séculaires et projets de loi
Le roi Charles III se prête à cet exercice aux multiples rituels – avec arrivée en carrosse, couronne et tenues d'apparat – pour la troisième fois depuis son accession au trône en septembre 2022. En tant que monarque, il est tenu à une stricte neutralité politique. Il récitera ce discours sur un trône doré dans la Chambre des Lords, la Chambre haute du Parlement, vers 11h30, assis aux côtés de son épouse Camilla.
Plus de 35 projets de loi doivent être présentés mercredi, sur des sujets aussi variés que la nationalisation du sidérurgiste British Steel, les énergies vertes ou l'immigration. Sur ce dernier point, le gouvernement devrait présenter un projet de loi visant à restreindre l'application de la Convention européenne des droits de l'homme pour faciliter les expulsions, déjà annoncé en novembre par la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood. Il devrait aussi faire part de son projet de limiter les possibilités de recours des demandeurs d'asile déboutés, alors que le nombre de migrants ayant traversé la Manche sur des bateaux de fortune vient de dépasser 200 000 depuis le début des comptages en 2018. Le gouvernement devrait également acter son intention d'interdire les Gardiens de la révolution iraniens, après une série d'attaques visant la communauté juive ces dernières semaines, dont l'une au cours de laquelle deux hommes ont été blessés à coups de couteau.
Rituels ancestraux
Ce discours solennel s'accompagne de traditions perpétuées depuis des siècles. Avant l'arrivée du monarque au palais de Westminster, des gardes royaux fouillent les caves à la recherche d'explosifs, un héritage de la tentative ratée des catholiques de faire sauter le bâtiment en 1605. Le souverain se rend à Westminster en carrosse doré. Un député est symboliquement retenu en otage au palais de Buckingham afin d'assurer le « retour sain et sauf du roi ».



