Keir Starmer promet un rapprochement avec l'UE après une défaite électorale
Starmer promet un rapprochement avec l'UE après défaite

Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'est engagé lundi à prouver à « ceux qui doutent » de lui « qu'ils ont tort », lors d'un discours considéré comme crucial pour son avenir, quelques jours après une cuisante défaite électorale pour le Labour. Le dirigeant travailliste a également plaidé pour « mettre le Royaume-Uni au cœur de l'Europe », dans une tentative de relancer son mandat.

Un constat d'échec et une promesse de renouveau

« Je sais que les gens sont frustrés par la situation en Grande-Bretagne. Frustrés par la politique. Et certains sont déçus de moi », a reconnu le chef du gouvernement. « Je sais que certains doutent de moi, et je sais que je dois leur prouver qu'ils ont tort - et je le ferai », a ajouté Keir Starmer, qui a ramené le Labour au pouvoir en 2024 après quatorze ans de gouvernements conservateurs.

Depuis sa prise de fonction, la popularité du dirigeant de soixante-trois ans n'a cessé de chuter, sur fond d'économie léthargique et d'augmentation du coût de la vie. Ses détracteurs mettent en avant ses multiples faux pas et polémiques, notamment le scandale autour de la nomination comme ambassadeur à Washington de la figure travailliste contestée Peter Mandelson, alimentant des appels à sa démission.

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Un nouveau cap après le Brexit

Le mécontentement au sein du parti est monté après les élections locales de jeudi dernier. Le Labour a perdu du terrain face au parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage jusque dans ses bastions du nord de l'Angleterre et du pays de Galles, tandis que les Verts ont capté des voix à Londres. Keir Starmer a estimé que « des changements progressifs ne suffiront pas » et promis « une réponse plus forte ». Seule annonce concrète, il a exprimé son intention de nationaliser le sidérurgiste British Steel, propriété du groupe chinois Jingye.

Dix ans après le référendum sur le Brexit, le dirigeant travailliste a insisté sur la nécessité de rapprocher le Royaume-Uni de l'UE. « Ce gouvernement travailliste se distinguera par sa volonté de reconstruire nos relations avec l'Europe et de mettre le Royaume-Uni au cœur de l'Europe, pour que nous soyons plus forts sur le plan économique, commercial et en matière de défense », a-t-il déclaré. Il a indiqué qu'il fixerait « un nouveau cap » lors du prochain sommet UE-Royaume-Uni attendu fin juin ou début juillet. Keir Starmer a par ailleurs qualifié Nigel Farage de « profiteur » et d'« opportuniste », tout en affirmant vouloir « empêcher des agitateurs d'extrême droite » de se rendre au Royaume-Uni pour une manifestation prévue samedi.

Concurrents en interne

Ce discours apaisera-t-il l'ire des frondeurs, qui lui imputent la défaite électorale de la semaine dernière ? Ce week-end, l'ancienne ministre et députée Catherine West a annoncé que si le gouvernement ne s'entendait pas pour remplacer Keir Starmer par l'un de ses ministres, elle tenterait de déclencher une élection interne pour lui trouver un successeur. Selon les règles du parti travailliste, elle doit obtenir le soutien de 81 députés. Les médias britanniques évoquent des rumeurs selon lesquelles l'ancienne vice-Première ministre Angela Rayner ou le ministre de la Santé Wes Streeting pourraient tenter d'évincer Keir Starmer. Autre prétendant, le maire du Grand Manchester Andy Burnham, personnalité travailliste la plus populaire selon les sondages, ne peut actuellement pas se présenter faute de siéger au Parlement. Aucun n'a appelé publiquement au départ de Keir Starmer, la prudence restant de mise au sein du parti pour éviter une instabilité similaire à celle des conservateurs en 2022.

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