Le chef du renseignement suédois alerte sur la menace russe persistante
Menace russe : le chef du renseignement suédois s'exprime

La menace russe toujours aussi préoccupante selon le chef du renseignement suédois

Le lieutenant-général Thomas Nilsson, directeur du service de renseignement et de sécurité militaires (MUST) suédois, a accordé un entretien au Point pour alerter sur la persistance de la menace russe en Europe. Selon lui, les Européens ont tendance à sous-estimer le danger, distraits par d'autres actualités comme la guerre en Iran ou les conflits en Ukraine. Pourtant, la Russie continue ses actions de déstabilisation, et la Suède en fait quotidiennement les frais.

Une menace hybride quotidienne

Nilsson explique que la Russie mène une guerre "non linéaire" ou hybride, combinant cyberattaques, sabotages, désinformation et violations de l'espace aérien. Il cite des exemples récents comme des tentatives d'ingérence électorale en Moldavie, Roumanie et France, ou encore des campagnes de désinformation visant à diviser la société suédoise lors de son adhésion à l'OTAN. L'objectif de Moscou est d'affaiblir la confiance des populations envers leurs gouvernements et de saper l'unité européenne.

La nécessité de contre-mesures

Le chef du renseignement suédois appelle à une réponse plus offensive de la part des Européens. Il compare la situation à un combat de boxe : si l'on se contente d'encaisser les coups, on devient prévisible. La Suède a déjà pris des mesures comme l'expulsion de personnels de renseignement russes et le renforcement des sanctions contre la "flotte fantôme" russe en mer Baltique, qui finance la guerre via les exportations de pétrole et de gaz.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'économie russe en difficulté

Nilsson affirme que les sanctions fonctionnent, malgré les tentatives russes de les contourner. Il souligne que l'économie russe est en souffrance, avec une inflation d'environ 15 %, un système bancaire précaire et une dépendance croissante envers la Chine, l'Iran et la Corée du Nord. Le prix du pétrole Urals dépasse les 100 dollars le baril, mais cela ne suffit pas à compenser le déficit budgétaire russe, qui a déjà dépassé les prévisions pour 2026 dès avril de cette année.

Le rôle des États-Unis et de l'OTAN

Interrogé sur la relation entre Donald Trump et Vladimir Poutine, Nilsson estime que toute instabilité dans les relations transatlantiques sert les intérêts russes. Il rappelle que la vision de Poutine est celle d'un monde dominé par les grandes puissances, où la Chine, la Russie et les États-Unis décident pour les autres. Il juge cohérente la demande américaine que l'Europe assume davantage sa propre défense, mais insiste sur le fait que les États-Unis restent essentiels à la sécurité européenne, notamment via l'article 5 de l'OTAN.

En conclusion, Thomas Nilsson appelle à une vigilance accrue et à une coopération renforcée entre alliés pour faire face à la menace russe, qui reste "très sérieuse" et nécessite une réponse collective et résolue.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale