« Il ne sera jamais trop tard pour prendre contact. » C'est le message que martèle Jérôme Moreau, vice-président et porte-parole du réseau France Victimes, à l'occasion du 10e anniversaire de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice. Alors qu'il se rend sur place pour les commémorations, il insiste sur la main tendue de cette fédération d'associations d'aide aux victimes.
Un accompagnement psychologique toujours actif
Depuis le 1er janvier 2026, 101 entretiens psychologiques ont été menés auprès de personnes touchées par l'attentat. Au total, ce sont 3 181 victimes qui ont été accompagnées depuis le drame. « Les victimes ont encore et toujours besoin de parler. Et nous ne cesserons jamais d'être là pour les écouter, pour les prendre en charge », déclare Jérôme Moreau.
Le réseau France Victimes rappelle que toute personne ayant vécu un attentat, même une décennie plus tard, est légitime à prendre contact. « À partir du moment où une personne qui a vécu un attentat en ressent le besoin, même une décennie plus tard, elle est légitime à prendre attache auprès de notre réseau », insiste-t-il.
Des spécificités marquantes : enfants et victimes étrangères
Ce qui s'est passé à Nice est particulier à plusieurs titres. « Il y a deux choses marquantes : le nombre de victimes étrangères et, surtout, le nombre d'enfants touchés », souligne Jérôme Moreau. Pour ces derniers, une coordination a été mise en place avec l'hôpital Lenval afin de pouvoir les accompagner. Le maillage territorial est également important, constitué d'équipes pluridisciplinaires avec des composantes psychologique, juridique, sociale, etc., pour soutenir les familles dans tous les domaines de leur vie.
Un impact national sur la politique d'aide aux victimes
L'attentat de Nice a transformé la politique publique d'aide aux victimes en France. Il a notamment conduit à la création des Comités locaux de suivi des victimes (CLSV), devenus depuis les Comités locaux d'aide aux victimes (CLAV). Ces comités visent à mieux coordonner l'accompagnement de toutes les victimes d'infractions pénales, et pas seulement celles liées au terrorisme, sur l'ensemble du territoire. « L'idée est simple : mettre tous les acteurs autour de la table afin d'apporter les réponses les plus pertinentes possibles à chaque situation », explique Jérôme Moreau.
L'indemnisation a également évolué, avec le déplafonnement et la création du préjudice d'angoisse. Ces changements reflètent une meilleure reconnaissance des souffrances endurées.
Pas de hiérarchie entre les victimes
Le réseau France Victimes s'adresse à tous, sans distinction. « Nous estimons que quel que soit l'impact, la situation de la personne, elle doit être accompagnée au long cours afin de rompre avec l'isolement dans lequel elle peut être. Il n'est en aucun cas question de hiérarchiser les victimes », affirme le porte-parole.
Il souligne également le ressenti particulier à Nice : « Nice a été meurtrie. La Ville a été attaquée de manière symbolique et en cela les commémorations sont importantes. J'espère que les mots qui seront prononcés permettront d'apaiser les Niçois. »
Contact et informations pratiques
Le réseau France Victimes s'adresse à toutes les victimes d'infraction pénale, qu'il s'agisse d'attentats, de violences intrafamiliales, d'accidents de la route, de vols, etc. Pour le contacter, il suffit de composer le 116 006 (appel gratuit 7 jours sur 7) ou d'écrire à contact@france-victimes.fr. Le site internet du réseau recense également toutes les associations du territoire.



