La loi phare pour faciliter l'accès au logement aux États-Unis est officiellement entrée en vigueur ce vendredi 10 juillet, malgré le refus du président Donald Trump de signer sa promulgation. Le Congrès américain a en effet réussi à contourner le veto présidentiel, une procédure rare qui souligne l'urgence de la crise du logement dans le pays.
Un texte adopté de haute lutte
Le projet de loi, adopté par une large majorité bipartisane au Sénat et à la Chambre des représentants, vise à débloquer des fonds fédéraux pour la construction de logements abordables et à renforcer les protections des locataires. Selon les estimations, cette mesure devrait permettre la construction de 500 000 nouveaux logements sur cinq ans et bénéficier à plus de 2 millions de ménages à faible revenu.
Donald Trump avait opposé son veto en juin, arguant que la loi était « trop coûteuse » et qu'elle « interférait avec le marché libre ». Cependant, le Congrès a réuni les deux tiers des voix nécessaires dans chaque chambre pour passer outre, une première depuis 2020.
Une crise du logement sans précédent
Les États-Unis connaissent une pénurie de logements abordables qui s'est aggravée depuis la pandémie de Covid-19. Selon la National Low Income Housing Coalition, il manque plus de 7 millions de logements pour les ménages aux revenus les plus modestes. Dans certaines grandes villes comme San Francisco ou New York, le loyer médian dépasse 2 500 dollars par mois, bien au-dessus du salaire minimum.
« Cette loi est une bouée de sauvetage pour des millions d'Américains qui peinent à se loger », a déclaré la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, co-autrice du texte. « Le refus de Trump de la signer montre son mépris pour les plus vulnérables », a-t-elle ajouté.
Les dispositions clés de la loi
Le texte prévoit notamment :
- Un investissement de 50 milliards de dollars sur cinq ans pour la construction de logements abordables.
- Un crédit d'impôt pour les promoteurs qui construisent des logements à loyer modéré.
- Un plafonnement des hausses de loyer à 5 % par an dans les zones tendues.
- Une aide directe au logement pour les familles avec enfants.
Ces mesures devraient entrer en vigueur progressivement à partir de 2027.
Réactions politiques
Les républicains ont critiqué le contournement du veto, y voyant un précédent dangereux. « Le Congrès a outrepassé ses prérogatives », a tweeté le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell. De son côté, la Maison-Blanche a indiqué que Donald Trump « prenait acte » de la décision mais qu'il continuerait à « lutter contre les dépenses excessives ».
Les associations de défense des locataires ont salué une victoire historique. « C'est un pas important vers la justice du logement », a déclaré Diane Yentel, présidente de la National Low Income Housing Coalition.



