L'Iran envoie une délégation au Qatar pour des négociations cruciales
Iran envoie délégation au Qatar pour négociations cruciales

Alors que Donald Trump accentue la pression pour une normalisation des relations dans la région, une délégation iranienne s'est rendue au Qatar lundi 25 mai pour tenter de débloquer les discussions diplomatiques. De hauts responsables iraniens, dont le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale, sont à Doha pour des tractations visant un règlement au Moyen-Orient. Trump a appelé le Qatar et l'Arabie saoudite à normaliser leurs relations avec Israël, faisant monter les enjeux.

Progrès dans les discussions

Téhéran avait auparavant fait état de progrès dans les discussions avec les États-Unis, mais écarté la perspective d'un accord imminent. Selon l'agence officielle iranienne Irna, « il semble que certains engagements américains, dans le cadre de cet accord, seront mis en œuvre avec l'aide de Doha » et « ce voyage vise à s'assurer de la disponibilité du Qatar à apporter son soutien dans les domaines liés aux engagements américains ».

Le dégel des avoirs iraniens

Le dégel des avoirs iraniens bloqués à l'étranger, notamment au Qatar, est une question cruciale pour un Iran affaibli par des décennies de sanctions américaines et la guerre, selon Ali Vaez de l'International Crisis Group. Parallèlement, Trump a semblé durcir sa position sur un éventuel accord de paix.

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La pression de Trump

Dans un long message sur les réseaux sociaux, Trump a énuméré les dirigeants de pays à majorité musulmane avec lesquels il a eu des discussions, affirmant qu'« après tout le travail effectué par les États-Unis, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d'Abraham ». Signés en 2020, ces accords ont normalisé les relations des Émirats arabes unis et de Bahreïn avec Israël, mais de nombreux États, dont l'Arabie saoudite, la Syrie et le Liban, ont refusé de s'y joindre, en particulier depuis le conflit à Gaza.

Anna Jacobs, de l'Institut des États arabes du Golfe à Washington, estime que cette demande montre une méconnaissance du Moyen-Orient, au vu du « désastre que s'est avérée être la guerre » déclenchée par des frappes israélo-américaines le 28 février.

Avancées et prudence

Après des semaines d'impasse, les négociations ont semblé se débloquer ces dernières 48 heures. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré : « Il est exact de dire que nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions en discussion. Mais de là à dire que la signature d'un accord est imminente, personne ne peut l'affirmer. » Il a accusé Washington d'être versatile.

Trump a tempéré les espoirs d'une conclusion rapide : « Soit l'accord avec l'Iran sera un accord excellent et significatif, soit il n'y aura pas d'accord. » Son allié israélien insiste sur la nécessité d'éliminer entièrement la menace nucléaire, un point que Téhéran refuse d'aborder dans l'immédiat.

Le scepticisme des Iraniens

Dans cette situation confuse, des Iraniens n'osent pas envisager une amélioration de leur quotidien, subissant une « pression économique et une inflation affreuse », témoigne Mohammad, un acteur de théâtre de 28 ans interrogé par l'AFP depuis Paris. « Je serais ravi qu'un accord de long terme soit conclu, avec la fin des sanctions, et de bonnes relations avec le reste du monde, mais je n'ai pas d'espoir », dit-il.

Impact sur les marchés

Les marchés ont retenu les avancées, notamment la perspective d'une réouverture du détroit d'Ormuz. Le Brent de la mer du Nord perdait plus de 5 % lundi, passant sous 100 dollars pour la première fois depuis deux semaines. Les Bourses européennes ont clôturé en nette hausse.

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Le conflit régional

Le conflit a ébranlé l'économie mondiale et fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, où le Hezbollah pro-iranien a rejoint les hostilités début mars. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les États-Unis, et un autre au Liban depuis le 17 avril. Mais Israël et le Hezbollah s'accusent mutuellement de le violer. Le front libanais pourrait être la « pilule empoisonnée » qui ferait capoter un accord, avertit Ali Vaez. Selon Téhéran, le cessez-le-feu doit s'appliquer à tous les fronts, y compris au Liban, où de nouvelles frappes israéliennes ont fait trois morts lundi.