La présidence française du G7, qui débutera en 2026, représente une occasion unique pour la France de placer la lutte contre l'antibiorésistance au cœur de l'agenda mondial de sécurité sanitaire. C'est ce que soulignent plusieurs experts et organisations internationales, qui appellent à une mobilisation sans précédent face à cette menace silencieuse.
Une menace mondiale en pleine expansion
L'antibiorésistance, c'est-à-dire la capacité des bactéries à résister aux antibiotiques, est devenue l'une des plus grandes menaces pour la santé publique mondiale. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elle pourrait causer 10 millions de décès par an d'ici 2050 si aucune mesure drastique n'est prise. Pourtant, malgré son ampleur, ce phénomène reste encore trop peu priorisé dans les agendas politiques nationaux et internationaux.
Le rôle clé de la France
La France, qui prendra la présidence du G7 en 2026, a déjà montré son engagement dans ce domaine. Elle a notamment adopté un plan national de lutte contre l'antibiorésistance et soutient des initiatives de recherche et de développement de nouveaux antibiotiques. Mais les experts estiment que la présidence du G7 offre une plateforme unique pour amplifier ces efforts et mobiliser les autres grandes puissances.
« La présidence du G7 constitue une occasion unique pour la France de faire de l'antibiorésistance une priorité stratégique de sécurité sanitaire », affirme le Dr. Jean-Michel Molina, infectiologue et président du Conseil scientifique de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). « Nous devons convaincre nos partenaires du G7 que cette menace est aussi grave que le changement climatique ou les pandémies. »
Des propositions concrètes
Plusieurs pistes sont évoquées pour que la France utilise sa présidence du G7 afin de lutter contre l'antibiorésistance :
- Renforcer la coordination internationale : créer un mécanisme de surveillance global et de partage des données sur les résistances.
- Stimuler la recherche : augmenter les financements pour le développement de nouveaux antibiotiques, de vaccins et de diagnostics rapides.
- Réguler l'utilisation des antibiotiques : promouvoir des politiques de prescription raisonnée et limiter l'usage vétérinaire.
- Sensibiliser le grand public : lancer des campagnes d'information pour réduire l'automédication et améliorer l'hygiène.
Un enjeu de sécurité sanitaire mondiale
L'antibiorésistance n'est pas seulement un problème de santé, c'est aussi une question de sécurité. En l'absence d'antibiotiques efficaces, les infections courantes pourraient devenir mortelles, compromettant les progrès de la médecine moderne, notamment en chirurgie, en oncologie et en soins intensifs. Les experts appellent donc à une approche « One Health », qui intègre la santé humaine, animale et environnementale.
« La France a une légitimité historique dans ce domaine, avec la découverte des premiers antibiotiques et une tradition de recherche en infectiologie », rappelle le Pr. Didier Raoult, directeur de l'Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes. « Mais il faut passer à l'action collective. Le G7 est le bon cadre pour cela. »
La société civile et les organisations non gouvernementales se mobilisent également. « Nous attendons de la France qu'elle fasse preuve de leadership et qu'elle inscrive l'antibiorésistance comme un thème central du sommet du G7 », déclare Sarah M., responsable de la campagne Antibiotiques chez Médecins Sans Frontières. « Les décisions prises lors de cette présidence pourraient sauver des millions de vies. »
Alors que la France se prépare à prendre les rênes du G7, les regards sont tournés vers Paris. L'occasion est unique, mais le temps presse. L'antibiorésistance ne peut plus attendre.



