La popularité de Donald Trump continue de s'éroder. Selon un sondage CNN réalisé par SSRS et publié le 29 juillet, la cote de popularité globale du président américain s'établit à 34 %, soit son plus faible niveau depuis son arrivée au pouvoir, à égalité avec le score enregistré à la fin de son premier mandat, après l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Désormais, la moitié des Américains déclarent désapprouver fortement son action, un record depuis le début de ses mandats, tandis que seuls 15 % affirment l'approuver fortement.
La guerre en Iran au cœur du mécontentement
En cause notamment : la guerre en Iran. Selon un précédent sondage Reuters/Ipsos, seul un Américain sur trois soutient aujourd'hui le conflit contre Téhéran, et la majorité des personnes interrogées estime que le président n'est pas parvenu à expliquer clairement les objectifs de cette guerre. Il faut dire que Donald Trump a avancé des objectifs changeants pour justifier le conflit : aider les Iraniens à renverser leurs dirigeants, détruire les capacités balistiques de l'Iran ou encore empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire.
Perte de confiance sur les priorités et l'économie
D'après CNN toujours, 73 % des adultes américains estiment que le dirigeant n'a pas accordé suffisamment d'attention aux problèmes les plus importants du pays, et seuls 27 % jugent qu'il a fixé les bonnes priorités. Deux tiers des Américains pensent ainsi que la politique de Donald Trump a aggravé la situation économique des États-Unis, et que ses décisions militaires en Iran ont nui au pays.
Conséquences politiques à trois mois des élections de mi-mandat
Pour sa défense, la porte-parole de la Maison-Blanche, Olivia Wales, a déclaré que Donald Trump ne prendrait pas ses décisions en fonction de « sondages d'opinion fluctuants », et a réaffirmé sa détermination à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire. « Ce qui importe le plus aux Américains, c'est d'avoir un commandant en chef qui prend des décisions audacieuses pour assurer leur sécurité », a-t-elle soutenu.
Mais cette situation pourrait avoir des conséquences politiques à trois mois des élections de mi-mandat, alors que Donald Trump semble avoir perdu une partie de son emprise sur une frange de son propre électorat. Au sein du Parti républicain, son taux d'approbation est tombé à 78 %, soit son plus faible niveau à ce jour. Seuls 19 % des républicains se disent enthousiastes à l'idée de la suite de son second mandat, contre 38 % au printemps dernier.
Son incapacité à inverser la perception négative de son action, notamment sur les questions économiques et sa gestion du dossier iranien, pourrait alors lui faire perdre sa majorité à la Chambre des représentants comme au Sénat. Une victoire démocrate dans l'une des deux chambres, voire dans les deux, limiterait alors considérablement la marge de manœuvre de Donald Trump et pourrait profondément modifier le rapport de force à Washington pour la seconde moitié de son mandat.
Intérêts personnels et autres sujets de discorde
D'autant que sur d'autres sujets, le dirigeant américain semble là encore en difficulté. Après deux récentes fusillades meurtrières impliquant des agents de l'ICE, la police de l'immigration, les Américains estiment, avec un écart de 20 points, que cette agence rend les villes moins sûres, et non plus sûres, rapporte le sondage de CNN. De même, alors qu'une épidémie de cyclospora et une recrudescence des cas de rougeole touchent le pays, ils considèrent, avec un écart de 34 points, que les changements apportés à des agences sanitaires comme la FDA et les CDC rendent la population moins protégée.
En outre, plus de six Américains sur dix estiment que Donald Trump est allé trop loin en poursuivant ses intérêts commerciaux personnels pendant son mandat et en lançant des projets de rénovation de la Maison-Blanche et d'autres sites emblématiques de Washington. 58 % des Américains disent par exemple se sentir mécontents ou en colère face à la construction d'une nouvelle salle de bal à la Maison-Blanche et la rénovation du bassin réfléchissant, un constat d'ailleurs partagé en partie par sa base.
Seuls 43 % des républicains disent voir d'un bon œil les projets de construction de Trump, tandis que 35 % se disent indifférents. Et si la plupart des républicains considèrent que les revenus perçus par Donald Trump pendant sa présidence sont sans importance, ceux qui ont un avis sur la question sont plus nombreux à y voir un élément négatif qu'un aspect positif. Autant de sujets qui pourraient transformer les élections de mi-mandat en un véritable référendum sur la deuxième présidence de Donald Trump.



