Le Château Grés Saint-Paul, situé aux confins de Lunel dans l'Hérault, entame une nouvelle ère. Le 27 mars 2025, Boris Vendran et Guillaume Bertel ont acquis ce domaine viticole historique auprès de Jean-Philippe Servière, septième génération de la famille. Leur projet, colossal et inédit sur le territoire, prévoit 7 millions d'euros d'investissements et la création de dix emplois.
Contrairement à une rumeur qui a couru dans le Lunellois, Tony Parker n'est pas impliqué. Boris Vendran, ancien basketteur modeste et passionné de vin et de cuisine, a vendu son agence de communication pour se consacrer pleinement à ce projet. Il sera aux commandes au quotidien. Son associé Guillaume Bertel, créateur du site Private sport shop, partage son amour du sport et du vin. Ensemble, ils ont déjà mené de belles affaires.
Un projet de rénovation totale de l'immobilier
Cinq corps de bâtiments, soit 3 000 m², sont en cours de rénovation simultanée. L'inauguration est annoncée pour le 5 novembre. « L'idée est de réhabiliter tous les bâtiments du domaine », explique Jean-Philippe Servière, qui apprécie l'ampleur du projet. La partie château accueillera séminaires, réceptions et la promotion des vins du cru. Le caveau s'installera dans la bastide, où des chambres accessibles aux personnes à mobilité réduite et deux espaces de réception sont en finition.
Les pelles mécaniques s'attaquent aux 700 m² de l'ancienne cave, qui deviendra un nouveau chai entièrement visible, une salle d'œnotourisme et des espaces événementiels. Un autre bâtiment abritera une salle de séminaire et cinq chambres d'hôtes à l'étage ; le dernier sera dédié à la logistique. Le chantier mobilise 80 employés en période de pointe et 50 salariés en moyenne depuis mars jusqu'en novembre. Les investisseurs ont privilégié des entreprises régionales, entre Nîmes et Montpellier.
Un théâtre de verdure et un festival
Toute l'année, le château proposera des événements culturels : dans la grande salle en hiver, et l'été dans un petit théâtre de verdure en cours d'aménagement. Un festival devrait voir le jour pour lancer la saison et « positionner le domaine au niveau du grand public », précise Boris Vendran. Jean-Philippe Servière témoigne : « J'ai vécu de très bons moments ici. J'étais libre, même si ça a eu un prix. Je suis parti de rien et j'ai réussi à avoir un caveau et du monde. »
Le vignoble repensé pour une production de qualité
Le vignoble, qui couvre 19 des 35 hectares du domaine, sera ramené à une quinzaine d'hectares maximum. Il évoluera par arrachage et replantage. « On ne récoltera pas cette année. Le but est de vinifier à partir de l'an prochain et, à terme, arriver à 150 000 bouteilles », indique Boris Vendran. Il souhaite « un vin adapté au terroir, travaillé de manière intelligente, accessible et au meilleur rapport qualité-prix ». La production passera en Vins de France. Pour l'accompagner, il a choisi l'œnologue Philippe Pia. « On n'est pas du métier, on a choisi les meilleurs », résume-t-il.
Boris Vendran suit actuellement une formation de maître de chai. « L'idée est de suivre les conseils pendant cinq ans, puis d'être autonome. » D'ici deux ans, le projet viticole prévoit de tripler la part de vins blancs, de diversifier les cépages pour viser sept à huit cuvées : « trois blancs, trois rouges, un rosé et une surprise ». Le château devrait aussi s'orienter vers la polyculture avec l'accueil d'un apiculteur et la plantation de quelques hectares en verger d'oliviers.
Trois gammes de vins pour le futur caveau
Le futur caveau proposera trois gammes : la cuvée Origine en entrée de gamme (blanc, rouge, rosé), la cuvée Cœur de gamme baptisée Héritage (blanc et rouge), et d'ici quelques années, une cuvée Prestige baptisée Signature (blanc et rouge), issue de parcelles sélectionnées.
Un peu d'histoire
Le Château Grés Saint-Paul a été bâti au début du XXe siècle par un ancêtre négociant en vin installé à Neuilly. Le domaine de 25 hectares a prospéré jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, puis l'activité de négoce s'est brutalement arrêtée. Jean-Philippe Servière a repris le domaine en 1976, arrachant les vieux cépages aramon pour planter majoritairement de la syrah, un peu de grenache, du mourvèdre, et en conservant un peu de muscat. « À un moment donné, il faut savoir s'arrêter. Je commençais à avoir la limite d'âge », plaisante-t-il.



