C’est un nouveau signe de rapprochement avec l’Europe. Le parti au pouvoir du Premier ministre arménien Nikol Pachinian, pro-européen, a remporté les élections législatives de dimanche malgré les pressions de la Russie. Selon la Commission électorale centrale, les résultats après dépouillement de la totalité des bureaux de vote montrent que le parti Contrat civil de Nikol Pachinian devance nettement l’alliance Arménie forte du milliardaire russo-arménien Samvel Karapetian, avec 49,8 % et 23,3 % des voix respectivement.
Nikol Pachinian a revendiqué « une victoire historique », en promettant de « poursuivre la course en vue du rapprochement avec l’Occident » tout en renforçant les relations avec la Russie. L’Arménie et la Russie, liées par deux siècles d’histoire, sont officiellement toujours alliées. Mais Erevan multiplie les reproches envers Moscou, qui n’a pas empêché la reprise par la force par l’Azerbaïdjan de l’enclave du Karabakh, et se tourne vers l’Union européenne et les États-Unis.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a félicité ce lundi Nikol Pachinian pour la victoire de son parti aux élections législatives, soulignant que l’UE était « aux côtés de l’Arménie ». « Nous apprécions profondément notre partenariat avec une Arménie démocratique qui se rapproche de plus en plus de l’Europe », a-t-elle écrit sur X. « L’esprit de la Révolution de velours que vous avez menée en 2018 est vivant et fort », a-t-elle ajouté.
Pour sa part, Samvel Karapetian a qualifié ces élections de « honteuses » en dénonçant des violations et la répression et affirmant que des dizaines de membres de son équipe de campagne avaient été arrêtées. Précisons que le taux de participation s’est élevé à 59 %, selon la Commission et que deux autres forces d’opposition, l’alliance « Arménie » de l’ex-président Robert Kotcharian et le parti Arménie prospère, ont recueilli 9,9 % et 4 % des voix respectivement.
Le scrutin de dimanche intervient après des années de profonds bouleversements en Arménie depuis l’arrivée au pouvoir de Nikol Pachinian à l’issue de manifestations en 2018 sur la promesse de démanteler le système oligarchique post-soviétique. Ce petit pays à majorité chrétienne du Caucase est encore sous le choc de sa défaite contre l’Azerbaïdjan en 2020 et de la perte du Karabakh en 2023, qui a provoqué l’exode de dizaines de milliers d’Arméniens de ce territoire disputé depuis des décennies.
Nikol Pachinian, un ancien journaliste âgé de 51 ans, a présenté ce scrutin comme un choix entre une paix durable, quoique controversée, avec Bakou, et un retour à la guerre.



