Le 4 juillet 2026, jour de la fête nationale américaine, le président Donald Trump a choisi le majestueux mont Rushmore, dans le Dakota du Sud, pour prononcer un discours très attendu. Devant une foule de partisans, il a livré un message résolument nationaliste, attaquant les manifestants antiracistes et défendant une vision traditionnelle de l'histoire américaine.
Un décor symbolique pour un message clivant
Le mont Rushmore, avec les visages sculptés de quatre présidents emblématiques (Washington, Jefferson, Roosevelt et Lincoln), a servi de toile de fond à un discours que beaucoup qualifient de « en carton », tant il semblait déconnecté des réalités contemporaines. Trump a dénoncé ce qu'il appelle la « nouvelle extrême gauche », accusée de vouloir « détruire l'histoire et la culture américaines ». Il a également critiqué les mouvements de décolonisation des statues et des symboles nationaux.
Selon des sources sur place, environ 7 500 personnes étaient présentes, soit une foule bien moins nombreuse que les années précédentes, en raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Les participants, souvent sans masque, ont scandé « USA ! USA ! » et brandi des drapeaux américains.
Des attaques contre les manifestants
Le président a particulièrement visé les manifestants du mouvement Black Lives Matter, qu'il a qualifiés de « fauteurs de troubles » et de « terroristes de gauche ». Il a promis de « protéger les monuments, les statues et l'histoire de notre nation » contre ceux qui cherchent à les « vandalisés ». Cette rhétorique intervient alors que des statues de figures confédérées et de colons ont été déboulonnées ou vandalisées lors de protestations à travers le pays.
« Nous ne permettrons pas que des foules enragées démolissent nos statues, effacent notre histoire, endoctrinent nos enfants ou piétinent nos libertés », a déclaré Trump, sous les acclamations de la foule. Il a également annoncé un décret renforçant les peines pour les personnes qui endommagent des monuments fédéraux.
Une opposition unanime
Les critiques ont fusé de toutes parts. Le candidat démocrate à la présidentielle, Joe Biden, a twitté : « Ce discours ne rassemble pas, il divise. L'Amérique a besoin d'un leader qui unifie, pas qui attise les flammes de la haine. » De nombreux historiens ont également condamné l'utilisation du mont Rushmore à des fins politiques, rappelant que le site est un symbole national, pas une tribune partisane.
Le gouverneur du Dakota du Sud, Kristi Noem, une républicaine proche de Trump, a défendu le choix du lieu, affirmant que « le mont Rushmore représente le meilleur de l'Amérique ». Mais même au sein du parti républicain, des voix discordantes se sont élevées, comme celle du sénateur du Nebraska, Ben Sasse, qui a jugé le discours « trop clivant ».
Des feux d'artifice controversés
La célébration s'est achevée par un feu d'artifice, une première au mont Rushmore depuis 2009. Ce spectacle pyrotechnique a suscité la controverse, car il pourrait nuire à l'environnement et à la faune du parc national. Des groupes écologistes ont dénoncé une violation des règles de protection du site, mais l'administration Trump a passé outre.
Selon le National Park Service, l'événement a coûté environ 500 000 dollars, financés par des fonds fédéraux. Les images du feu d'artifice illuminant les visages des présidents ont été largement diffusées, offrant à Trump une vitrine médiatique qu'il espérait pour redynamiser sa campagne électorale.
Un impact limité sur les sondages
Malgré la mise en scène, l'impact sur l'opinion semble modeste. Un sondage réalisé juste après le discours par l'institut Pew Research indique que 45 % des Américains ont approuvé le message de Trump, tandis que 52 % l'ont désapprouvé. Les divisions restent profondes, notamment sur la question raciale et la place de l'histoire dans l'espace public.
Pour de nombreux observateurs, ce discours restera comme un exemple de la stratégie trumpienne : polariser pour mobiliser sa base, au risque d'élargir le fossé avec le reste du pays. Le mont Rushmore, symbole d'une Amérique unie, a servi de décor à un discours qui, au contraire, a souligné ses fractures.



