Trump face à une impopularité record avant son discours sur l'état de l'Union
Trump impopulaire avant discours sur l'état de l'Union

Un président américain confronté à une défiance massive

À seulement quarante-huit heures de son discours annuel sur l'état de l'Union, Donald Trump se prépare à s'adresser à une nation où près de soixante pour cent des Américains désapprouvent sa gestion présidentielle, selon le dernier sondage conjoint Washington Post-ABC News-Ipsos. Ce niveau de rejet est comparable à celui enregistré immédiatement après l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021, un moment particulièrement critique de sa présidence. Parmi les électeurs inscrits, la désapprobation atteint cinquante-huit pour cent, tandis que seulement quarante et un pour cent expriment leur approbation.

Les démocrates ne profitent pas de la défiance envers Trump

Pourtant, cette impopularité marquée ne se traduit pas automatiquement en avantage électoral pour le parti démocrate. Seulement trente et un pour cent des Américains déclarent faire confiance aux démocrates pour gérer les grands enjeux nationaux, un chiffre légèrement inférieur aux trente-trois pour cent accordés à Donald Trump lui-même. Signe d'une défiance généralisée envers les élites politiques, trente et un pour cent des sondés n'accordent leur confiance ni à l'un ni à l'autre.

« Les démocrates n'ont pas réussi à convaincre qu'ils avaient de meilleures idées ou politiques à proposer », souligne le Washington Post dans son analyse. Pire encore, ils sont perçus comme étant tout aussi déconnectés que Donald Trump des préoccupations quotidiennes des citoyens ordinaires, ce qui limite considérablement leur capacité à capitaliser sur l'impopularité du président.

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Les promesses économiques non tenues pèsent lourd

Le domaine économique constitue un point particulièrement sensible pour l'administration Trump. « Trump avait promis une baisse immédiate des prix. Si des progrès ont été enregistrés, la guerre contre l'inflation est loin d'être gagnée », note le Washington Post. Quarante-huit pour cent des Américains estiment que la situation économique s'est dégradée depuis son investiture, contre seulement vingt-neuf pour cent qui pensent le contraire.

L'inflation, présentée comme « hors de contrôle » sous l'administration Biden-Harris, avait constitué l'un des piliers de la campagne victorieuse de Donald Trump en 2024. Un an après son retour à la Maison-Blanche, seulement trente-deux pour cent des Américains approuvent sa gestion de ce dossier, représentant son pire score sur tous les sujets abordés par le sondage.

Les dernières données économiques publiées confirment un ralentissement brutal de la croissance en fin d'année 2025, fragilisée par les tarifs douaniers et la fermeture partielle du gouvernement à l'automne. Soixante-quatre pour cent des Américains désapprouvent sa politique tarifaire, un chiffre qui reste stable depuis un an malgré ses efforts répétés pour en vanter les mérites. Vendredi dernier, la Cour suprême a d'ailleurs invalidé ces tarifs, jugeant qu'ils excédaient les pouvoirs présidentiels constitutionnels.

Une politique étrangère et migratoire contestée

La politique étrangère de Donald Trump suscite également une forte désapprobation. Cinquante-quatre pour cent des Américains s'opposent à l'utilisation de l'armée pour forcer des changements de régime à l'étranger, comme ce fut le cas avec l'arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro il y a six semaines. Seuls vingt pour cent soutiennent cette approche interventionniste.

Par ailleurs, une majorité de sondés estiment que Donald Trump utilise la présidence pour s'enrichir personnellement et jugent son administration particulièrement opaque, notamment concernant la publication des documents liés à l'enquête Jeffrey Epstein.

L'immigration, thème central de la campagne de 2024, révèle des divisions profondes. Si cinquante pour cent des Américains soutiennent son projet d'expulser les quatorze millions de sans-papiers, cinquante-huit pour cent estiment qu'il va trop loin dans ses méthodes. « Les Américains soutiennent certains objectifs de Trump, mais rejettent ses méthodes », résume le Washington Post.

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Les violences récentes au Minnesota, où des opérations de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) ont provoqué des émeutes après la mort de deux citoyens américains, ont forcé Donald Trump à reculer : il a commencé à retirer l'ICE de l'État et a sensiblement adouci son discours sur cette question.

Des doutes croissants sur l'intégrité et les capacités présidentielles

Soixante-cinq pour cent des Américains estiment que Donald Trump a dépassé les limites de ses pouvoirs présidentiels, contre cinquante-sept pour cent au début de son second mandat. Cinquante-six pour cent pensent qu'il n'est pas engagé dans la protection des droits et libertés fondamentales, et soixante-dix pour cent le jugent malhonnête, établissant ainsi un record historique de défiance.

Les doutes sur sa capacité mentale à gouverner se sont également accentués : cinquante-six pour cent estiment qu'il manque de clarté pour gouverner efficacement, contre quarante-huit pour cent il y a trois ans. Concernant sa santé physique, les avis restent partagés avec quarante-huit pour cent d'opinions favorables contre cinquante et un pour cent défavorables.

Perspectives électorales incertaines pour les républicains

À l'approche des élections de mi-mandat, les républicains anticipent des pertes potentielles significatives, notamment à la Chambre des représentants où les démocrates pourraient retrouver la majorité. « La base démocrate semble plus mobilisée », note le Washington Post, un atout crucial dans un scrutin où la participation électorale est traditionnellement plus faible que lors des élections présidentielles.

Cette mobilisation différentielle pourrait déterminer l'équilibre des pouvoirs à Washington pour les deux prochaines années, alors que Donald Trump entame la seconde moitié de son mandat avec des niveaux de défiance record parmi la population américaine.