Corée du Sud : Yoon appelle à faciliter l'accès à la pilule abortive
Yoon appelle à faciliter l'accès à la pilule abortive

Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a ordonné au gouvernement de prendre des mesures pour faciliter l'accès à la pilule abortive, marquant une avancée significative dans la mise en œuvre de la dépénalisation de l'avortement décidée en 2019. Cette directive intervient alors que l'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) reste limité dans le pays, en raison de contraintes réglementaires et sociales.

Une décision historique pour les droits des femmes

En 2019, la Cour constitutionnelle sud-coréenne avait jugé inconstitutionnelle l'interdiction de l'avortement, donnant au gouvernement jusqu'à fin 2020 pour réformer la loi. Cependant, depuis cette décision, l'accès à l'IVG demeure difficile, notamment en raison du manque de médecins pratiquant l'avortement et de l'absence de cadre légal clair pour la prescription de la pilule abortive. Selon des données officielles, seulement 10 % des hôpitaux sud-coréens proposent des services d'avortement.

Les mesures annoncées par le gouvernement

Le président Yoon a demandé au ministère de la Santé de réviser les réglementations afin de permettre une prescription plus large de la pilule abortive, y compris via la télémédecine. Il a également insisté sur la nécessité de former davantage de professionnels de santé à la pratique de l'avortement médicamenteux. "Il est inacceptable que les femmes soient encore confrontées à des obstacles pour accéder à des soins de santé essentiels", a déclaré Yoon lors d'une réunion avec des responsables gouvernementaux.

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Un contexte social et politique tendu

Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions politiques en Corée du Sud, où les groupes conservateurs et religieux s'opposent farouchement à l'avortement. Selon un sondage réalisé en 2025 par l'Institut coréen de recherche sur la santé, 68 % des Sud-Coréens soutiennent l'accès à l'avortement légal, mais les pressions sociales restent fortes. Des associations féministes ont salué la décision du président, tout en appelant à une mise en œuvre rapide et effective.

Impact attendu sur la santé publique

Les experts estiment que cette mesure pourrait réduire considérablement le nombre d'avortements clandestins, estimés à près de 50 000 par an selon des données de l'Organisation mondiale de la santé. "L'accès à la pilule abortive est une question de santé publique et de droits humains", a commenté le Dr Kim Min-ji, gynécologue à l'hôpital universitaire de Séoul. "Cette décision sauvera des vies et protégera la santé des femmes."

Prochaines étapes pour la législation

Le gouvernement prévoit de soumettre un projet de loi révisé à l'Assemblée nationale d'ici la fin de l'année, afin de clarifier les conditions de prescription et de remboursement de la pilule abortive. Les débats parlementaires s'annoncent houleux, mais la majorité présidentielle dispose d'une avance suffisante pour faire adopter le texte. Si la loi est votée, la Corée du Sud deviendrait l'un des pays d'Asie les plus progressistes en matière de droits reproductifs.

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