Au Togo, l'un des trois hommes poursuivis dans l'affaire des journalistes français de l'émission « Les routes de l'impossible » a été libéré sous contrôle judiciaire. Sebastian Perez Pezzani, qui souffre de graves problèmes de santé, a vu sa demande de libération acceptée, tandis que ses deux collègues restent en détention.
Une libération sous conditions
Selon une source proche du dossier, Sebastian Perez Pezzani « est placé sous contrôle judiciaire » et « suit des soins dans un hôpital ». Son avocat, Martial Akakpo, a confirmé qu'il a été libéré sous contrôle judiciaire et que son passeport lui a été confisqué. Gaël Mocaër et Fred Vedomey ont quant à eux vu leur demande de libération provisoire rejetée et sont toujours incarcérés à Lomé.
Les trois hommes ont été arrêtés le 27 juillet dans le nord du Togo, où ils tournaient un épisode de la série documentaire diffusée sur France Télévisions. Ils sont inculpés pour « fausses déclarations » et la justice togolaise affirme disposer « d'indices graves » à leur encontre. La société de production avec laquelle ils travaillent assure qu'ils étaient en règle, et leur avocat indique qu'ils ne reconnaissent pas les faits qui leur sont reprochés.
Des inquiétudes sanitaires et sécuritaires
La semaine dernière, l'ONG Reporters sans Frontières (RSF) avait indiqué que Sebastian Perez Pezzani souffrait de « graves problèmes de santé » et demandé à Lomé « d'autoriser son évacuation sanitaire urgente vers la France », ainsi que la libération des deux autres accusés. La justice togolaise accuse notamment les trois hommes d'avoir utilisé un drone, en particulier dans le nord du pays, région où la situation sécuritaire est tendue en raison d'attaques djihadistes récurrentes.
Samedi, les autorités togolaises ont également évoqué « plusieurs irrégularités dans la préparation et l'exécution » de leur mission, mais ont assuré que leurs conditions de détention sont « conformes aux normes et standards internationaux ».
Le Togo, un contexte politique sensible
Petit pays côtier d'Afrique de l'Ouest, le Togo est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, successeur de son père, Eyadema, resté 38 ans au pouvoir. Il figure à la 97e place sur 180 pays au classement annuel de la liberté de la presse de RSF. Cette affaire intervient dans un contexte où la liberté de la presse est déjà limitée dans le pays.



