Au moins 24 personnes ont été tuées lors d'attaques communautaires survenues dans l'État du Plateau, au centre du Nigeria, a annoncé mardi un responsable local. Les violences ont éclaté dans plusieurs villages de la zone de gouvernement local de Bokkos, une région déjà éprouvée par des affrontements intercommunautaires récurrents.
Des attaques coordonnées contre des villages
Selon le président du conseil local de Bokkos, Monday Kassah, les assaillants ont pris pour cible au moins quatre villages durant la nuit de lundi à mardi. « Nous avons dénombré 24 corps jusqu'à présent, mais les opérations de recherche se poursuivent et le bilan pourrait s'alourdir », a-t-il déclaré à l'Agence France-Presse (AFP). Les victimes ont été enterrées mardi dans la matinée, selon la même source.
Les attaques ont également fait plusieurs blessés, qui ont été transportés dans les centres de santé de la région. Les forces de sécurité ont été déployées pour tenter de rétablir le calme et traquer les assaillants, dont l'identité n'a pas encore été établie.
Un contexte de violences récurrentes dans la région
L'État du Plateau est le théâtre régulier de violences opposant éleveurs et agriculteurs, souvent liées à l'accès aux terres et à l'eau. Ces affrontements, qui se sont intensifiés ces dernières années, ont fait des centaines de morts et déplacé des milliers de personnes. En 2023, des attaques similaires avaient déjà causé la mort de plus d'une centaine de personnes dans cette même zone.
Les autorités nigérianes ont condamné ces nouvelles violences et promis d'ouvrir une enquête. Le gouverneur de l'État du Plateau, Caleb Mutfwang, a appelé à la retenue et demandé aux forces de l'ordre de renforcer leur présence dans les zones sensibles.
Une situation sécuritaire préoccupante
Ces attaques surviennent alors que le Nigeria fait face à une multiplication de défis sécuritaires, notamment dans le nord-ouest et le centre du pays. Les groupes armés, qu'ils soient liés au banditisme, à l'extrémisme ou aux conflits communautaires, exploitent les failles de l'État pour étendre leur influence.
Les organisations humanitaires locales ont appelé le gouvernement à agir rapidement pour protéger les civils et éviter une nouvelle escalade. Selon un rapport récent de l'ONU, plus de 4 000 personnes ont été tuées dans des violences communautaires au Nigeria au cours des deux dernières années.
Les autorités locales ont annoncé le renforcement des patrouilles et l'ouverture d'une enquête pour identifier les responsables. La population, elle, reste marquée par la peur et l'incertitude quant à sa sécurité.



