La Suède s'apprête à durcir sa législation pénale à l'égard des mineurs, en autorisant l'incarcération de jeunes âgés de 14 à 17 ans. Cette mesure, annoncée par le gouvernement, suscite une vive polémique parmi les défenseurs des droits de l'enfant, qui y voient un recul significatif.
Un projet de loi controversé
Le gouvernement suédois, soutenu par une coalition de droite, a présenté un projet de loi visant à créer des unités fermées pour les mineurs délinquants. Actuellement, les jeunes de moins de 18 ans ne peuvent être placés en détention que dans des centres éducatifs fermés, mais le nouveau texte prévoit des peines d'emprisonnement dans des prisons pour adultes, avec une séparation stricte.
Selon les autorités, cette mesure répond à une augmentation de la criminalité juvénile, notamment les violences et les trafics de drogue. Le ministre de la Justice a déclaré que la société doit se protéger et que les sanctions doivent être plus dissuasives.
Critiques des organisations de défense des droits
L'UNICEF et d'autres ONG dénoncent une violation de la Convention internationale des droits de l'enfant, que la Suède a ratifiée. Elles rappellent que l'incarcération des mineurs a des effets néfastes sur leur développement psychologique et leur réinsertion.
Des psychologues et éducateurs alertent sur le risque de stigmatisation et de récidive. Ils préconisent des mesures éducatives et de prévention plutôt que répressives.
Une opposition politique
Les partis de gauche et les Verts s'opposent fermement au projet. Ils estiment que la prison n'est pas une solution pour les jeunes et que le gouvernement cède à une logique sécuritaire. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes suédoises.
Le débat est vif : certains citoyens soutiennent la mesure, estimant qu'elle est nécessaire face à l'insécurité, tandis que d'autres y voient une atteinte aux valeurs humanistes du pays.
Le texte doit être examiné par le Parlement dans les prochains mois. S'il est adopté, la Suède rejoindrait une minorité de pays européens autorisant l'incarcération des mineurs de moins de 16 ans.



