Éric Cheysson : « Le monde oublie les 20 millions de femmes afghanes »
Éric Cheysson : « Le monde oublie les 20 millions de femmes afghanes »

Deux ans après le retour des talibans au pouvoir, la communauté internationale a « oublié » les 20 millions de femmes afghanes, déplore le professeur Éric Cheysson, ancien chirurgien et président de La Chaîne de l'Espoir, dans un entretien accordé au Point. Selon lui, la situation des femmes en Afghanistan est « dramatique » et nécessite une mobilisation urgente.

Un appel à la vigilance

Le professeur Cheysson, qui a passé de nombreuses années en Afghanistan, rappelle que les femmes afghanes sont privées de leurs droits fondamentaux, notamment l'accès à l'éducation et au travail. Il souligne que « les talibans ont imposé des restrictions sans précédent » et que la communauté internationale semble avoir détourné le regard.

« Nous avons le devoir de ne pas les abandonner », insiste-t-il. Il appelle les gouvernements et les organisations humanitaires à maintenir leur engagement envers les femmes afghanes, malgré les difficultés politiques et sécuritaires.

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La Chaîne de l'Espoir en première ligne

Fondée en 1988, La Chaîne de l'Espoir œuvre pour l'accès aux soins des enfants dans les pays en développement. En Afghanistan, l'organisation continue de soutenir des programmes de santé, mais les défis sont immenses. Cheysson précise que « les besoins sont énormes » et que l'aide internationale est insuffisante.

Il mentionne également que la fermeture des écoles pour les filles au-delà de l'école primaire est une « catastrophe » pour l'avenir du pays. « Sans éducation, ces femmes ne pourront pas participer à la reconstruction de leur pays », avertit-il.

Un appel à la communauté internationale

Le professeur Cheysson lance un appel pressant à la communauté internationale pour qu'elle ne cède pas à l'oubli. Il rappelle que les femmes afghanes représentent plus de la moitié de la population et que leur exclusion a des conséquences désastreuses pour l'ensemble de la société.

« Il est de notre responsabilité morale de maintenir une pression constante sur les autorités afghanes », déclare-t-il. Il espère que les prochaines échéances internationales, comme les discussions à l'ONU, permettront de remettre cette question à l'ordre du jour.

En conclusion, Éric Cheysson insiste sur l'urgence d'agir : « Chaque jour qui passe sans action est une victoire pour les talibans et une défaite pour les femmes afghanes. »

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