Sven Liebich, 55 ans, figure de l'extrême droite allemande depuis les années 1990, purgera sa peine d'un an et demi dans une prison pour hommes à Zeithain, en Saxe. Il avait tenté de contourner la loi sur l'auto-identification de genre, entrée en vigueur en novembre 2024, en enregistrant un changement de genre pour devenir Marla-Svenja Liebich, afin d'être incarcéré dans une prison pour femmes.
Une tentative de manipulation de la justice
Condamné pour incitation à la haine raciale et diffamation, Liebich a disparu en août dernier alors qu'il devait purger sa peine dans une prison pour femmes. Pendant sa cavale, il a nargué les autorités en publiant des centaines de messages sur X, selon France Info.
Arrêté début avril en République tchèque, son extradition a été validée par la justice tchèque. Jeudi, les autorités locales ont confirmé qu'il serait placé dans une prison pour hommes. Il a été transféré mercredi soir à Zeithain.
Réactions politiques
La ministre régionale de la Justice, Constanze Geiert (CDU), a déclaré : « Les astuces, les tromperies et les petites manœuvres ne sont jamais couronnées de succès dans un État de droit. » Elle a jugé « heureux » que la prison pour femmes de Chemnitz « ait rapidement fait toute la lumière et ne se soit pas laissée entraîner dans des mises en scène. »
Un opposant transphobe notoire
En 2022, Liebich avait perturbé une marche des fiertés LGBT+ dans l'est de l'Allemagne, qualifiant les participants de « parasites de la société », selon des militants. Le gouvernement actuel, dirigé par le chancelier conservateur Friedrich Merz, a annoncé un réexamen de la loi sur l'auto-identification de genre.
Geiert appelle à « réformer rapidement » la loi pour protéger le système carcéral, la justice et « l'identité des personnes transgenre ». Cette affaire met en lumière les débats autour de la loi allemande sur le genre, critiquée par l'extrême droite mais défendue par les associations LGBT+.



