Mondial de foot : le sport instrumentalisé contre les droits humains
Mondial : le sport contre les droits humains

À l'approche de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer une instrumentalisation du sport à des fins politiques et économiques, au détriment des droits humains. Dans un entretien accordé à Libération, plusieurs experts et militants pointent du doigt les conditions de travail des migrants, l'absence de liberté d'expression et la répression des minorités.

Un tournoi sous haute tension

Le Qatar, petit État du Golfe, a investi des milliards pour organiser ce Mondial, le premier dans un pays arabe. Mais les critiques se multiplient : travail forcé, décès de milliers d'ouvriers étrangers, lois discriminatoires envers les femmes et la communauté LGBTQ+. Pour les défenseurs des droits humains, le sport devient un outil de greenwashing et de diversion.

Des promesses non tenues

En 2010, lors de l'attribution du Mondial, la FIFA avait salué les réformes promises par Doha. Or, selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch, ces réformes sont largement insuffisantes. « On assiste à une instrumentalisation du sport pour faire reculer les droits humains », dénonce une militante qatarie exilée.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
  • Conditions de travail des migrants : le système de la kafala (parrainage) perdure.
  • Liberté d'expression : les critiques sont réprimées, les journalistes surveillés.
  • Discrimination : les relations homosexuelles sont pénalisées.

Un boycott impossible ?

Plusieurs personnalités politiques et sportives appellent au boycott, mais la FIFA reste inflexible. Pour les organisateurs, le Mondial est une vitrine pour le monde arabe. « Le sport ne doit pas être politisé », rétorque le comité d'organisation. Cependant, pour les militants, cette neutralité est un mythe.

Le débat s'intensifie à quelques semaines du coup d'envoi. Les regards se tournent vers les sponsors et les fédérations. Certains joueurs, comme l'Allemand Manuel Neuer, ont déjà exprimé leur soutien aux droits humains. Mais sans action concrète, le Mondial risque de rester entaché par ces controverses.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale