Lors d'une visite au Liban, Volker Türk, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a insisté sur l'importance de donner la parole aux victimes et de valider leurs témoignages. Il a souligné que sans une reconnaissance officielle des souffrances, il est impossible de construire une paix durable dans le pays.
Un appel à la justice et à la transparence
M. Türk a rencontré des représentants de la société civile et des familles de victimes de l'explosion du port de Beyrouth en 2020. Il a déclaré : « Les victimes ont besoin de s'exprimer et que leurs paroles soient validées. » Selon lui, l'impunité qui entoure cet événement et d'autres violations des droits humains au Liban est inacceptable. L'explosion du 4 août 2020 a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés, et pourtant, quatre ans plus tard, aucune responsabilité n'a été établie.
Le haut commissaire a également évoqué la crise économique et sociale qui frappe le pays, exacerbant les vulnérabilités. « La situation humanitaire est catastrophique », a-t-il affirmé, appelant la communauté internationale à ne pas oublier le Liban. Il a mentionné que plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon les données de l'ONU, et que 2,2 millions d'enfants ont besoin d'aide humanitaire.
Le rôle de la communauté internationale
Volker Türk a exhorté les autorités libanaises à mettre en place des réformes pour rétablir la confiance. Il a rappelé que la justice est un droit fondamental, et que les enquêtes sur les violations doivent être indépendantes et crédibles. « Le temps de l'impunité doit cesser », a-t-il martelé. Il a également rencontré des responsables politiques, les exhortant à mettre de côté leurs divergences pour le bien du peuple. « La classe politique doit comprendre que le peuple libanais ne peut plus attendre », a-t-il déclaré.
Un message d'espoir malgré tout
Malgré le tableau sombre, Volker Türk a exprimé son espoir que le Liban puisse se relever. « Les Libanais sont résilients, mais ils ont besoin de justice et de réformes », a-t-il conclu. Il a appelé à une mobilisation internationale pour soutenir la reconstruction et la justice transitionnelle. Lors d'une conférence de presse, il a réitéré son soutien aux familles des victimes et a promis que le Haut-Commissariat continuerait de surveiller la situation. Il a également salué le courage des défenseurs des droits humains libanais, qui travaillent dans des conditions difficiles.
Cette visite intervient alors que le pays est en proie à une paralysie politique et à une crise financière sans précédent, avec un taux de chômage dépassant 40 %. Le Haut Commissaire a insisté sur le fait que les droits de l'homme doivent être au cœur de toute solution.



