La Creuse connaît une sécheresse exceptionnelle qui transforme ses paysages verdoyants en un désert aride. Dans le sud du département, les champs de maïs jaunissent avant même l'été, et les pâturages offrent une herbe rare et brûlée. « Il n'y a rien qui pousse, c'est devenu un désert », témoigne Jean-Pierre Morel, éleveur à Boussac, dont les vaches maigrissent faute de fourrage.
Un déficit pluviométrique sans précédent
Selon Météo-France, la région accuse un déficit de précipitations de 70 % depuis le début de l'année 2026. Les nappes phréatiques sont au plus bas, et plusieurs communes ont déjà atteint le seuil de crise. La préfecture de la Creuse a pris un arrêté limitant les usages de l'eau : irrigation interdite entre 8 heures et 20 heures, lavage des voitures prohibé, et remplissage des piscines suspendu.
Des récoltes anéanties
Les céréaliers sont les premiers touchés. « J'ai perdu 80 % de ma récolte de blé. C'est une catastrophe économique », déclare Bernard Dupont, agriculteur à Guéret. Les assurances agricoles peinent à couvrir les pertes estimées à plusieurs millions d'euros. Les prairies artificielles, censées nourrir le bétail, ne produisent que des touffes rabougries.
Les éleveurs et la filière lait en danger
L'élevage laitier est particulièrement vulnérable. « Nous devons acheter du foin venu d'autres régions, ce qui triple nos coûts », explique Marie Lemoine, présidente du syndicat agricole local. « Certains éleveurs envisagent d'abattre leurs bêtes faute de les nourrir. » La filière viande bovine, déjà fragile, risque de perdre des milliers de têtes.
Des conséquences environnementales durables
Au-delà de l'agriculture, la sécheresse menace la biodiversité. Les cours d'eau comme la Creuse et la Petite Creuse sont à sec par endroits, asphyxiant les poissons. Les associations environnementales alertent sur la dégradation des zones humides, essentielles à l'équilibre écologique. « C'est un signal d'alarme pour tout le Massif central », prévient Paul Durand, de l'association Creuse Environnement.
Les pouvoirs publics entre aides et restrictions
Le gouvernement a diligenté une mission d'évaluation des dégâts. Des aides exceptionnelles sont promises, mais les agriculteurs réclament des mesures structurelles : retenues collinaires, changement de cultures, et soutien à l'irrigation de précision. En attendant, la préfecture maintient un niveau d'alerte renforcé et appelle à une « gestion économe de l'eau ».
La sécheresse de 2026 restera comme l'une des plus sévères jamais enregistrées dans le département. Alors que les prévisions climatiques annoncent des étés plus chauds et secs, la Creuse doit repenser son avenir agricole.



