Slow Horses saison 6 : pourquoi craquer pour la série Apple TV+
Slow Horses saison 6 : les raisons de craquer

La saison 6 de Slow Horses, la série d'espionnage multi-récompensée d'Apple TV+, a débuté avec la diffusion d'un nouvel épisode chaque mercredi. Inspirée des romans de l'auteur britannique Mick Herron, cette nouvelle salve de six épisodes confirme le succès d'une production qui a su imposer son style unique, portée par un casting de premier plan et un humour très britannique.

Des agents du MI5 mis au placard

Slow Horses est adaptée du roman d'espionnage La maison des tocards (2010) de Mick Herron, publié chez Babel noir. Le titre original du livre dit tout : les « tocards » sont des agents disgraciés du MI5, le service de renseignement intérieur du Royaume-Uni, relégués dans un bâtiment miteux nommé « Slough House » après avoir fauté durant leurs missions. Ne pouvant les licencier, le MI5 les a mis au placard dans ce lieu délabré, d'où le nom de la série qui joue sur les sonorités anglaises du nom de leur « étable » et sur leur statut d'agents lents, médiocres et inutiles.

Le chef de ce cheptel de « slow horses » est Jackson Lamb, un personnage campé par Gary Oldman, auquel la série doit énormément. Abonné ou non à Apple TV+ (avec 7 jours d'essai gratuits ou via l'abonnement étudiant à Apple Music), voici pourquoi cette série mérite toute votre attention.

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Un antihéros inoubliable : Jackson Lamb

Jackson Lamb incarne l'antihéros par excellence : cheveux gras, vêtements crasseux, incorrection permanente, il rotte et pète aussi souvent qu'il dit « fuck », dégageant même une odeur détestable parfois évoquée par les autres personnages. Il est l'antithèse parfaite de l'espion à la James Bond ou à la Jason Bourne. Pourtant, derrière cette loque humaine incarnée par Gary Oldman se cache un esprit brillant, un instinct redoutable pour débusquer mensonges et complots, et un foutu manipulateur. Mais par-delà la vulgarité, la loyauté le distingue, et on en est dingue.

La série brise les codes de l'espion omnipotent en mettant en scène des ratés, des marginaux, des moins que rien qui ont dû laisser au vestiaire leur Walter PPK et le prestige de leur ancien statut. Ces personnages empilent les névroses, les rancœurs et se confondent en lâchetés, mais leurs parcours et leurs failles les rendent tous attachants. Ici, pas de gadgets, de cascades, de gros bras huilés, mais un espionnage qui sent la sueur, la poussière, la suie et l'huile de vidange. Exit le glamour, mais place à l'humour.

Addictif et so British

Les différentes saisons de Slow Horses peuvent se visionner comme des thrillers indépendants : de l'enlèvement d'une jeune Pakistanaise par un groupe d'extrême droite (saison 1) à l'élimination d'anciens agents du MI5 (saison 6), en passant par la France (saison 4) où l'agent Cartwright cherche des infos sur une affaire concernant son ancien espion de grand-père. Cependant, s'en goinfrer dans l'ordre paraît plus judicieux, car chaque personnage s'y livre progressivement.

Derrière la glauquerie, la moquerie : Slow Horses se nimbe d'un humour anglais dont on se délecte. Une phrase, une situation parviennent à tout instant à casser net une tension, à faire rire malgré nous d'une scène dramatique. Outre le cynisme outrancier de Jackson Lamb, le caractère des autres personnages y fait beaucoup, comme Roddy Ho, l'informaticien insupportablement arrogant de « Slough House », ou Shirley Danter, une jeune agente impulsive et incontrôlable qui manie aussi bien l'humour à froid que son flingue à chaud.

Kristin Scott Thomas et Mick Jagger en renfort

Dans Slow Horses, Kristin Scott Thomas incarne Diana Taverner, la patronne du MI5, le contrepoids de Jackson Lamb. Malgré ses fonctions au cœur du pouvoir, elle maîtrise son image en toutes circonstances, garde constamment le contrôle, affiche une élégance permanente doublée d'une froideur sophistiquée. Mise à mal dans la saison 6, Diana (surnommée « Mam's » par ses collaborateurs) a toujours un coup d'avance, et sous son masque de méchante potentielle, elle sait se montrer parfaitement compréhensive, limite compatissante. Mais juste limite…

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Enfin, impossible de passer le générique : c'est Mick Jagger, le chanteur des Rolling Stones, qui interprète Strange Game, la chanson du générique dont il a écrit les paroles (sur une musique de Daniel Pemberton). La voix éraillée de la légende du rock britannique et les images façon puzzle qui distillent à chaque saison quelques nouveaux indices sur le récit rendent le générique incontournable.

À raison d'un épisode diffusé chaque mercredi, Slow Horses poursuit ses investigations sur Apple TV+ jusqu'au 21 octobre. Alors qu'une saison 7 avait déjà été annoncée, une saison 8 vient d'être confirmée et sera adaptée du roman Clown Town de Mick Herron. Décidément, on va encore finir au placard !