Grève de la faim de deux séropositifs pour une loi contre la sérophobie
Grève de la faim de séropositifs pour une loi anti-sérophobie

Deux hommes séropositifs, Christophe Paco et Nicolas Aragona, ont entamé une grève de la faim lundi 24 août pour dénoncer les discriminations et exiger une « loi d'urgence » reconnaissant la sérophobie, a rapporté l'AFP. Ils réclament une « réponse politique concrète face aux discriminations, au harcèlement, aux violences et à la stigmatisation que subissent encore les personnes vivant avec le VIH ».

Un début de grève devant le palais de justice de Reims

Christophe Paco, 53 ans, s'est installé devant les grilles du palais de justice de Reims lundi matin. Il a été rejoint à 11 heures par Nicolas Aragona, influenceur niçois connu sous le pseudonyme « Superséro », qui compte 400 000 abonnés sur TikTok et 110 000 sur Instagram. Leur action vise à obtenir une reconnaissance légale de la sérophobie et une protection renforcée pour les personnes vivant avec le VIH.

« J'ai de plus en plus régulièrement des vagues de harcèlement massif, avec menaces de mort, des gens qui viennent chez moi, c'est de plus en plus violent », a dénoncé Nicolas Aragona, 37 ans. Il a également affirmé avoir été menacé depuis l'annonce de cette grève de la faim, citant notamment un message disant : « On va venir à Reims vous jeter de l'acide dessus ».

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Des plaintes classées sans suite et une pétition en ligne

Christophe Paco affirme être harcelé par son voisin en raison de sa séropositivité et avoir déposé plusieurs plaintes, toutes classées sans suite. Sollicité par l'AFP, le parquet de Reims n'avait pas répondu dans l'immédiat. « Je perdrai mes kilos tant que nous n'obtiendrons pas de projet de loi », a assuré le Rémois à l'AFP. Il réclame « une loi d'urgence avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron, qui reconnaisse la sérophobie et protège les personnes vivant avec le VIH ».

Alors qu'il pèse actuellement 64 kilos, son médecin lui « a conseillé de ne pas descendre sous les 50 kilos », d'autant qu'il doit manger pour prendre son traitement contre le VIH, explique M. Paco. « Mais je suis prêt à aller en-dessous », assure-t-il, disant mener ce combat pour les « autres séropositifs dans l'anonymat ». Une pétition lancée sur le site Openpetition pour réclamer une loi avait récolté 3 600 signatures à la mi-journée lundi.

Un soutien venu de loin et des données clés sur le VIH

Dans la matinée, quelques personnes sont venues apporter leur soutien aux grévistes, dont Valentin, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, venu spécialement de Montélimar (Drôme), à 600 kilomètres. « C'est un combat important, tout le monde est concerné », a déclaré cet homme qui compte dans son entourage plusieurs personnes séropositives. Le terme de sérophobie « doit être reconnu et exister dans le débat, il faut qu'il y ait une loi », a-t-il martelé.

En France, environ 181 000 personnes vivaient avec le VIH en 2023, et 5 100 personnes ont découvert qu'elles étaient séropositives en 2024, selon les dernières données disponibles de Santé publique France. Ces chiffres soulignent l'ampleur du phénomène et l'urgence d'une réponse politique, selon les grévistes.

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