Ce dimanche 24 août 2026, Sanary a célébré le 82e anniversaire de sa Libération, une journée placée sous le signe du souvenir et de la reconnaissance. La fête a conjugué gravité et légèreté, entre solennité des hommages, défilé de véhicules d'époque, concert, bal et feu d'artifice.
Une cérémonie émouvante en mémoire des libérateurs
Au matin, du parvis de la mairie au monument de la Victoire, une émouvante cérémonie a réuni adjoints et conseillers municipaux, le député, des représentants des autorités civiles et militaires, dont le fils du maire de Signes, autour du maire Philippe Héno. Ce dernier a prononcé un discours marquant, usant de la figure imagée « Je me souviens... » pour rappeler le prix de la liberté arrachée à l'occupant allemand en ces jours qui ont suivi le Débarquement de Provence, et en particulier le 23 août 1944 à Sanary.
Philippe Héno a insisté sur le mot liberté, « dont les Sanaryens ont vraiment appris le sens le 11 novembre 1942, le jour où elle s'est évanouie », avant de revenir sur les événements et difficultés qui ont suivi, et la fragilité des droits fondamentaux dont nous jouissons aujourd'hui. Il a souligné qu'il est difficile d'imaginer les épreuves traversées jusqu'à la délivrance du 23 août, en partie due à l'intervention du 7e Régiment de Chasseurs d'Afrique et du 2e Spahis, dont faisait alors partie le lieutenant Caniot.
Le récit du lieutenant Caniot et la libération de Sanary
Le journal de marche du lieutenant Caniot retrace, au lendemain de la prise du Beausset, le blocage de la route littorale vers Toulon par un pont coupé à Bandol, obligeant son escadron à rejoindre Sanary par le nord-ouest. En chemin, des civils lui fournissent de précieuses informations sur les batteries ennemies au Colombet, pointe de la Cride, château de la Tourelle, Gros Cerveau et Six-Fours. Le 23 août à 9h du matin, une gigantesque explosion ébranle le fort de Six-Fours, qui vient de se saborder, menant à la capitulation allemande. Sanary est libre ! L'escadron du lieutenant Caniot repartira dans l'après-midi vers Toulon, puis au-delà du Rhin pour poursuivre son œuvre de libération de l'Europe.
La libération de la ville fut aussi l'œuvre de deux Sanaryens d'origine suisse, André Roethlisberger et Walter Muhlethaler, qui ont négocié avec les Allemands leur reddition. Un jeune sous-officier allemand, âgé de 21 ans, a courageusement refusé de faire sauter le port comme il le lui était commandé. Il devint plus tard citoyen d'honneur de la ville.
Hommages aux victimes et célébrations populaires
On célèbre certes la victoire, mais on panse aussi les plaies et on pleure les morts : 18 soldats et 25 civils sanaryens sont tombés durant ces années, ainsi que deux Tirailleurs sénégalais lors de la libération. La cérémonie a été suivie d'un superbe défilé de véhicules d'époque de l'association seynoise GMC sur le port, dont une splendide Traction avant conduite par ses propriétaires. Les hymnes nationaux ont été interprétés par la Saint-Nazairienne.
Sanaryens et estivants ont ensuite poursuivi la fête jusqu'au soir, avec concert, bal et feu d'artifice, dans une ambiance à la fois recueillie et festive, marquant ainsi l'importance de ce devoir de mémoire et la joie de la liberté retrouvée.



