La tension est montée d'un cran ce lundi au siège des Nations unies à New York. La délégation américaine a brutalement quitté une réunion du Conseil de sécurité, peu après une intervention cinglante de l'ambassadeur français. Selon des sources diplomatiques, ce geste inédit intervient après que la France a accusé Washington de « saboter les efforts multilatéraux sur le climat ».
Une sortie remarquée
Alors que le représentant français terminait son discours, l'ambassadeur américain a rassemblé ses documents et s'est levé, suivi par l'ensemble de sa délégation. La séance a été suspendue une quinzaine de minutes, le temps que les esprits se calment. C'est la première fois qu'une telle action est observée depuis l'arrivée de l'administration Trump, mais les tensions étaient latentes depuis plusieurs mois.
Un diplomate européen, sous couvert d'anonymat, a confié au Monde : « Les États-Unis semblent vouloir tester les limites du multilatéralisme. Quitter la table des négociations est un signal très fort adressé à la France et à ses alliés. »
Des critiques ciblées
Lors de son intervention, l'ambassadeur français avait dénoncé le retrait américain de l'Accord de Paris et les récentes décisions de Washington en faveur des énergies fossiles. Il a notamment déclaré : « Le monde ne peut pas rester silencieux face à un pays qui tourne le dos à ses responsabilités climatiques. » Selon des sources concordantes, la France aurait coordonné sa prise de parole avec plusieurs autres États membres, ce qui a exaspéré la délégation américaine.
Cet incident survient alors que le Conseil de sécurité devait adopter une résolution sur le lien entre changement climatique et sécurité internationale. La résolution, portée par la France, visait à renforcer les sanctions contre les émetteurs de gaz à effet de serre. Les États-Unis s'y opposaient fermement, estimant qu'il s'agissait d'une ingérence dans leurs affaires intérieures.
Réactions internationales
La Russie, par la voix de son ambassadeur, a qualifié la sortie américaine de « geste puéril ». La Chine a appelé au calme, tandis que le Royaume-Uni s'est dit « préoccupé » par la détérioration du dialogue. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a discrètement dépêché un émissaire pour tenter de renouer le fil des discussions.
De retour à Washington, le département d'État a publié un communiqué laconique : « Les États-Unis ne se laisseront pas dicter leur politique par des déclarations hostiles. Leur engagement envers la paix et la sécurité internationales reste entier, mais le respect mutuel est essentiel. »
Un précédent ?
Ce n'est pas la première fois qu'une délégation quitte une réunion de l'ONU. En 2023, la Russie avait déjà utilisé cette tactique lors d'un vote sur l'Ukraine. Toutefois, pour un membre permanent du Conseil de sécurité, le geste est rare et marque une escalade dans les tensions diplomatiques.
Selon les analystes, cet épisode pourrait compromettre de futurs accords sur le climat et le désarmement. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a déclaré : « Le multilatéralisme est en danger, mais nous continuerons à défendre nos valeurs. »



