La vice-gouverneure de la province argentine de Mendoza, Hebe Casado, a publié sur le réseau X un message raciste après le huitième de finale de la Coupe du Monde remporté par la France contre le Paraguay (1-0) le 4 juillet 2026. « Bravo le Paraguay ! L'équipe africaine n'a pas de bonnes manières. Je ne supporte pas Mbappé », a-t-elle écrit. Ce commentaire lui a valu d'être déclarée « non grata » à l'ambassade de France à Buenos Aires.
Un incident révélateur d'un racisme systémique
Cet incident n'est pas isolé. Alors que l'équipe d'Argentine, l'Albiceleste, presque exclusivement blanche, progresse dans le tournoi, les accusations de racisme se multiplient. Le pays latino-américain, à majorité blanche, semble avoir effacé une partie de son histoire. Pourtant, les premières sources mentionnant des Afrodescendants en Argentine remontent au XVIe siècle, lors de la colonisation espagnole. Il y a deux cents ans, les personnes noires représentaient 20 % de la population.
Politiques de blanchiment au XIXe siècle
Au XIXe siècle, des politiques de blanchiment de la population ont été mises en œuvre, effaçant les identités noires. Selon l'historienne Cassiopée Etchevers, ces mesures ont invisibilisé l'histoire des Afro-Argentins jusqu'à aujourd'hui. Les recensements officiels ont cessé de compter les personnes noires, contribuant à leur effacement démographique et culturel.
Conséquences contemporaines
Cette invisibilisation historique se reflète dans la composition de l'équipe nationale de football, qui compte très peu de joueurs noirs. Les propos de Hebe Casado sont un exemple de la persistance de stéréotypes racistes. « L'Argentine a construit son identité nationale sur le mythe d'une nation blanche et européenne, niant ses racines africaines », explique un spécialiste interrogé par le journal.
Réactions et condamnations
Les déclarations de la vice-gouverneure ont suscité une vive indignation, tant en Argentine qu'à l'étranger. L'ambassade de France à Buenos Aires a exprimé sa « consternation » et a déclaré Casado persona non grata. Des organisations de défense des droits humains ont appelé à des excuses publiques et à une prise de conscience collective.



