L'ancienne députée conservatrice Ann Widdecombe est au cœur d'une controverse après avoir déclaré que la police britannique est « trop préoccupée par la diversité » et que cela nuit à son efficacité. Ses propos, tenus lors d'une interview, ont été vivement critiqués par des associations et des personnalités politiques, qui l'accusent de faire le jeu de l'extrême droite.
Des déclarations jugées dangereuses
Dans l'interview, Widdecombe a affirmé que la police devrait se concentrer sur la lutte contre la criminalité plutôt que sur des objectifs de diversité. « La police est devenue trop préoccupée par la diversité et l'inclusion, au détriment de son travail principal », a-t-elle déclaré. Elle a également suggéré que les efforts pour recruter davantage de femmes et de minorités ethniques pourraient compromettre l'efficacité des forces de l'ordre.
Ces commentaires ont immédiatement suscité l'indignation. Le syndicat de police a qualifié ses propos de « dangereux et irresponsables », tandis que des députés travaillistes ont appelé à des excuses. « Ces déclarations alimentent un discours de haine et de division », a réagi un porte-parole du Labour.
Un contexte politique tendu
Cette polémique survient dans un climat de tensions autour des questions de diversité et de discrimination au sein des forces de l'ordre britanniques. Plusieurs rapports récents ont mis en lumière des pratiques discriminatoires et un manque de représentativité au sein de la police. Selon une étude de 2022, seulement 7 % des officiers de police sont issus de minorités ethniques, alors que ces dernières représentent environ 14 % de la population.
Les défenseurs de la diversité estiment que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer la confiance entre la police et les communautés minoritaires. « La diversité est un atout pour la police, pas un obstacle », a déclaré un représentant de l'association StopWatch.
Les réactions de la classe politique
La controverse a rapidement pris une dimension politique. Le gouvernement conservateur, dont Widdecombe est une ancienne membre, a pris ses distances avec ses propos. Un porte-parole du Premier ministre a déclaré : « Nous ne partageons pas ces opinions. La police doit refléter la diversité de notre société. »
De son côté, l'ancienne députée a défendu ses déclarations, affirmant qu'elle avait été mal comprise. « Je ne suis pas contre la diversité, mais je pense que la priorité doit être la sécurité publique », a-t-elle précisé dans un communiqué.
Cette affaire relance le débat sur l'influence des personnalités politiques dans le discours public et la montée des idées d'extrême droite au Royaume-Uni.



