À Cannes, anciens combattants et collèges unis pour raviver le lien jeunes-Nation
Anciens combattants et collèges unis pour la mémoire à Cannes

Ils ne parlent ni d'effectifs militaires ni d'équipements de défense. Pourtant, c'est bien d'un combat qu'il est question. Un combat contre l'oubli, contre l'indifférence, contre ce que certains décrivent comme l'effacement progressif du sentiment d'appartenance collective chez les plus jeunes. C'est autour de ce constat que s'est réuni le Comité d'entente des anciens combattants, initié par la députée Les Républicains des Alpes-Maritimes Alexandra Martin dès son arrivée à l'Assemblée nationale.

Un constat partagé : le lien distendu entre jeunes et Nation

« Nous avons dressé le constat que le lien entre les jeunes et la Nation était particulièrement distendu », livre-t-elle. Depuis quatre ans, cette instance rassemble donc régulièrement les acteurs du monde combattant et les élus locaux. Cette fois, des collèges de Cannes, Mandelieu-la-Napoule et Vallauris étaient également invités à partager leurs expériences.

Les collèges au cœur du dispositif mémoriel

Au cœur des discussions, les cheffes d'établissement décrivent des dispositifs déjà bien installés – classes défense, interventions d'associations patriotiques, participation aux cérémonies – mais surtout une dynamique qui repose sur des liens humains. Au collège Capron, à Cannes, la principale Sandrine Léon insiste sur cette dimension presque fragile de la démarche, faite de contacts réguliers et de coordination fine avec les acteurs locaux.

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« Ce sont ces échanges qui nous permettent d'avancer dans le bon sens, confie-t-elle. On ne peut pas monter ce type de projet seuls. Il faut les associations, il faut les retours d'expérience, il faut ce dialogue permanent pour donner du sens aux actions menées avec les élèves. »

Même constat au collège Gérard-Philipe de La Bocca, où les interventions extérieures ont progressivement changé le rapport des élèves à l'histoire. « Quand ils rencontrent ceux qui témoignent, ce n'est plus un chapitre de manuel, c'est une réalité. L'Histoire n'est plus une histoire. Elle devient une personne, un parcours, une expérience », résume sa principale Nadine Luffroy, évoquant des élèves plus impliqués lors des cérémonies et des projets mémoriels.

« On comprend ce que signifie être Français »

Pour Alexandra Martin, c'est bien à ce niveau que se joue l'essentiel. La députée défend une approche plus structurée de la citoyenneté, intégrée au parcours scolaire. « C'est au collège que les jeunes sont plus réceptifs », insiste-t-elle. Et dans les échanges, une idée revient avec insistance : celle d'un apprentissage qui dépasse la théorie.

Les classes défense, les rencontres avec les anciens combattants ou encore les cérémonies deviennent alors des outils pédagogiques à part entière : « Lors d'une cérémonie au lycée Carnot à Cannes, j'ai demandé aux jeunes ce que ça leur avait fait de chanter La Marseillaise. Ils m'ont répondu que ça leur avait donné la chair de poule. Et c'est quand on a la chair de poule en chantant La Marseillaise qu'on comprend ce que signifie être Français », souligne-t-elle.

Des jeunes encore trop absents

Reste une difficulté que personne ne nie vraiment autour de la table : attirer durablement les jeunes vers ces temps de mémoire. Si les élèves sont bien présents dans les dispositifs scolaires, ils restent encore trop rares lors des cérémonies commémoratives. « Il y a une vraie difficulté à maintenir leur présence sur ces temps-là », résume l'un des combattants lors de l'échange. La députée, elle, nuance ce diagnostic. « On voit tout de même de plus en plus de jeunes lors des cérémonies ».

À Cannes, certaines idées prennent déjà forme. Claudia Solimando, subdéléguée aux anciens combattants à la mairie, évoque par exemple la création de vidéos témoignages où chaque ancien pourrait raconter son parcours, ou encore la réalisation de bandes dessinées inspirées de ces histoires, susceptibles d'être intégrées à des dispositifs scolaires comme le quart d'heure de lecture. Pour l'heure, ces propositions n'en sont qu'au stade de l'esquisse. Mais elles disent une même ambition : trouver de nouveaux chemins pour faire vivre une mémoire qui, elle, ne veut pas s'éteindre.

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