Libéré après sa garde à vue, le journaliste Ali Lmrabet dans l'attente d'un éventuel procès
Ali Lmrabet libéré, en attente d'un éventuel procès

Le journaliste marocain Ali Lmrabet a été libéré ce mercredi 15 juillet après 48 heures de garde à vue, a annoncé son avocat. Il est poursuivi pour diffamation présumée envers le chef de la police et le principal conseiller du roi Mohammed VI. Lmrabet, connu pour ses positions critiques envers le pouvoir, risque un procès.

Les accusations portées contre le journaliste

Selon son avocat, Me Abdessamad Bennis, Ali Lmrabet est accusé d'avoir « diffamé le chef de la police et le principal conseiller du roi » dans des propos tenus sur les réseaux sociaux. Les faits remontent à juin dernier, lorsque le journaliste a publié des messages critiquant la gestion de la sécurité lors d'une manifestation. La plainte a été déposée par les deux hauts responsables, qui estiment que ces déclarations portent atteinte à leur honneur.

Lmrabet, âgé de 58 ans, est un journaliste d'investigation et ancien directeur de publication. Il a déjà été condamné à plusieurs reprises pour des affaires similaires, ce qui a conduit à la fermeture de ses journaux. Cette nouvelle affaire relance le débat sur la liberté de la presse au Maroc.

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La garde à vue et la libération

Le journaliste a été interpellé lundi 13 juillet à son domicile à Rabat et placé en garde à vue. Pendant ces 48 heures, il a été entendu par les enquêteurs de la Brigade nationale de la police judiciaire. Sa libération est intervenue sans qu'aucune charge ne soit retenue pour l'instant, mais l'enquête se poursuit. « Il est libre, mais il reste sous le coup d'une enquête préliminaire. Le parquet décidera s'il y a lieu de le renvoyer devant un tribunal », a précisé Me Bennis.

Le parquet dispose d'un délai légal pour décider de la suite à donner. Si l'affaire est jugée, Ali Lmrabet encourt une peine d'emprisonnement et une amende. En attendant, le journaliste a déclaré à sa sortie : « Je suis soulagé, mais je reste vigilant. Cette affaire est une tentative de museler la presse indépendante. »

Réactions et contexte

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, dont Reporters sans frontières, ont dénoncé cette garde à vue et appelé à l'abandon des poursuites. « Ali Lmrabet est un journaliste courageux qui paie le prix de son indépendance. Le Maroc doit respecter la liberté d'expression garantie par sa Constitution », a déclaré un porte-parole de l'ONG.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions entre les autorités marocaines et les médias critiques. Depuis plusieurs années, des journalistes sont régulièrement poursuivis pour diffamation ou atteinte à l'ordre public. En 2022, le classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières plaçait le Maroc à la 135e place sur 180 pays.

Un possible procès à venir

L'avenir judiciaire d'Ali Lmrabet reste incertain. Si le parquet décide de le poursuivre, il devra comparaître devant un tribunal correctionnel. Son avocat se dit confiant : « Les accusations sont infondées. Nous démontrerons que les propos de mon client relèvent de la critique légitime et non de la diffamation. »

En attendant, le journaliste a repris ses activités, mais sous la menace d'une procédure judiciaire. Cette affaire est suivie de près par les défenseurs de la liberté d'expression, qui y voient un test pour l'état de droit au Maroc.

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