La tension était à son comble lors du conseil municipal de Beausoleil, jeudi 9 juillet, au Centre culturel Prince Jacques. Pendant plus de trente minutes, majorité et opposition se sont affrontées autour d'une polémique née de la Une du Beausoleillois, le journal gratuit édité par le groupe politique « Pour Beausoleil », présidé par Nicolas Spinelli.
Une Une qui divise
Sur cette couverture, on aperçoit deux jeunes filles ou femmes, selon les interprétations, montant les marches de la mairie avec un cartable portant l'inscription « Cabinet du Maire ». On y voit également un avocat avec une sacoche marquée « Crémaillère », et un homme en costume s'apprêtant à franchir les portes avec deux attachés-cases, sous le regard d'un rat. Cette Une avait été distribuée lors d'une réunion publique consacrée au bilan des « cent premiers jours de mandat » de Gérard Spinelli.
Le maire brise le silence
Avant même l'examen des dossiers, Gérard Spinelli a pris la parole, visant directement son fils Nicolas, ancien adjoint devenu adversaire lors des municipales. « Pendant toute la campagne, j'ai fait le choix de ne pas répondre aux attaques personnelles. Parce qu'une élection municipale mérite un débat d'idées, pas un règlement de comptes familial », a déclaré le maire. Il a ajouté : « Je me suis tu également par respect pour ma famille. Parce qu'il n'y a rien de plus douloureux pour un père de voir l'un de ses fils chercher à le détruire publiquement. Aujourd'hui, je suis contraint de rompre ce silence. »
Le maire a décrit la Une : « On y voit deux enfants montant les marches de la mairie. Pas deux femmes. Pas deux collaboratrices. Deux petites filles. Des enfants. » Il a dénoncé une publication « abjecte », « calomnieuse » et « indigne », ajoutant : « On ne joue pas avec de telles accusations. On ne banalise pas les crimes sexuels contre les enfants pour régler un différend politique, que je qualifierais en fait de différend familial. »
Nicolas Spinelli réfute
Nicolas Spinelli a contesté l'interprétation du maire, affirmant que les personnages sont « de jeunes femmes ». « À travers cette illustration, nous avons voulu montrer que ces dernières années entre 25 et 30 jeunes femmes ont été embauchées par le cabinet du maire », a-t-il expliqué. Il a assuré que la publication n'avait « jamais voulu insinuer quoi que ce soit ». Il a également évoqué des « problèmes de harcèlement » concernant certaines de ces jeunes femmes, sans développer.
« Je suis ton père et je ne porterai pas plainte contre mon fils et tu le sais. Avec cette Une, tu as franchi la ligne rouge et il faut que ça s'arrête », a répondu Gérard Spinelli, écartant une plainte pour diffamation. Nicolas Spinelli a répliqué : « Factuellement, il n'y aura pas de plainte pour diffamation car il n'y a pas de diffamation. »
Une séance houleuse
L'échange a dégénéré en invectives entre élus de la majorité et Nicolas Spinelli, notamment à propos d'un article sur son absentéisme. Elena Avramovic a lu en séance un échange de messages privés comportant des insultes à caractère sexuel. Après près d'une demi-heure, le conseil a pu débuter, mais la séance est restée marquée par de nombreuses passes d'armes et des réactions du public, rappelé à l'ordre.



