Canicule à Paris : l'immeuble Mouchotte déchiré par un projet de rénovation
Canicule à Paris : l'immeuble Mouchotte déchiré par un projet de rénovation

33 °C dans le salon, 34 °C dans la chambre… Smartphone à la main, Sandra Planchez fait défiler les chiffres qu'elle a collectés mi-juin, quand une canicule historique a frappé la France. Cette Parisienne a alors créé un groupe WhatsApp, baptisé « Mouchotte Celsius », pour inviter ses voisins à relever les températures enregistrées chez eux. La discussion donne un aperçu saisissant du quotidien enduré par certains habitants quand la chaleur s'abat sur la capitale – Paris étant l'une des villes européennes où les canicules provoquent le plus de décès. Elle a aussi ravivé la colère de nombre d'entre eux, fatigués de vivre dans des appartements qui se transforment en étuves quand vient l'été, alors qu'un projet de rénovation énergétique patine au sein de la copropriété.

Un immeuble emblématique mais surchauffé

L'immeuble Mouchotte, édifié au milieu des années 1960, compte 753 appartements et plus de 2 500 habitants. Situé dans le quartier Montparnasse, cet ensemble tout de verre et d'aluminium souffre particulièrement quand les températures grimpent. Sandra Planchez n'habite pas n'importe où : son appartement se trouve au 15e étage de l'immeuble dit « Mouchotte », posé dans la rue du commandant éponyme. L'édifice, bien connu des amateurs d'architecture, surplombe depuis les années 1960 la gare Montparnasse avec son allure monumentale.

Mais cette architecture typique des années 60 se révèle un piège thermique. Les grandes baies vitrées et les façades en aluminium emmagasinent la chaleur, transformant les logements en véritables fournaises l'été. Les relevés effectués par les habitants via le groupe WhatsApp montrent des températures intérieures dépassant régulièrement les 30 °C, même la nuit.

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Un projet de rénovation qui divise

Face à cette situation, un projet de rénovation énergétique a été lancé. Il prévoit notamment l'installation d'une isolation par l'extérieur et le remplacement des fenêtres pour améliorer le confort thermique. Mais le projet patine en raison de désaccords profonds au sein de la copropriété. Certains habitants, comme Sandra Planchez, jugent la rénovation urgente et indispensable. D'autres s'opposent au projet, craignant des coûts élevés ou des nuisances pendant les travaux.

« C'est la guerre », résume un habitant sous couvert d'anonymat. Les réunions de copropriété sont houleuses, et les décisions tardent à être prises. Pendant ce temps, les canicules se multiplient, rendant la situation de plus en plus intenable pour les résidents les plus exposés.

Un cas représentatif des défis des copropriétés

Le cas de l'immeuble Mouchotte illustre un problème plus large : la difficile transformation des copropriétés face au changement climatique. En France, des milliers d'immeubles construits dans les années 1960-1970 sont mal isolés et souffrent de la chaleur. Leur rénovation est souvent bloquée par des conflits entre propriétaires, des contraintes financières ou des lenteurs administratives.

Selon des données récentes, Paris est l'une des villes européennes où les canicules provoquent le plus de décès. Les épisodes de chaleur extrême devraient s'intensifier avec le réchauffement climatique, rendant urgente l'adaptation du parc immobilier ancien. Pourtant, les projets de rénovation énergétique peinent à aboutir, faute de consensus et de financements.

En attendant, les habitants de Mouchotte continuent de subir des températures étouffantes chaque été. Sandra Planchez et ses voisins espèrent que leur mobilisation via « Mouchotte Celsius » permettra de débloquer la situation et d'accélérer les travaux. Mais le chemin s'annonce encore long.

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