Algérie : les tortures de la guerre hantent encore les esprits
Algérie : les tortures de la guerre hantent les esprits

Soixante ans après la fin de la guerre d'Algérie, les séquelles des tortures infligées par l'armée française restent profondément ancrées dans les esprits algériens. Un reportage au cœur des mémoires douloureuses, où chaque famille conserve des récits de souffrance.

Des témoignages poignants

Dans les ruelles de la Casbah d'Alger, les anciens combattants et leurs descendants racontent les sévices subis. « Mon père a été arrêté en 1957, torturé pendant des jours. Il n'en a jamais parlé, mais ses nuits étaient hantées », confie Ahmed, 68 ans. Comme lui, des milliers d'Algériens portent les stigmates de cette violence d'État.

Un traumatisme collectif

Les historiens estiment que des centaines de milliers de personnes ont été torturées pendant le conflit. Les méthodes – électrocutions, simulacres de noyade, privation de sommeil – étaient systématiques. « La torture n'était pas un excès, mais une politique délibérée », souligne l'historien Benjamin Stora.

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Malgré les déclarations officielles de repentance, les victimes attendent toujours une reconnaissance pleine et entière. « La France nous a tous trop fait souffrir. Les excuses ne suffisent pas, il faut des actes », martèle Zohra, 72 ans, dont le frère a disparu après avoir été arrêté.

Un passé qui ne passe pas

Les relations franco-algériennes restent marquées par cette mémoire conflictuelle. Les associations de victimes réclament l'ouverture des archives et la restitution des corps des disparus. « Tant que la vérité ne sera pas dite, la blessure restera ouverte », conclut le sociologue Noureddine Amara.

Ce devoir de mémoire s'impose comme une condition nécessaire à une réconciliation véritable entre les deux peuples.

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