Violences et humiliations subies par des Français de la flottille pour Gaza en Israël
Violences subies par des Français de la flottille pour Gaza

Récit des violences et humiliations subies par les Français de la flottille pour Gaza en Israël

Dix membres français de la Global Sumud, dont les navires ont été interceptés par les forces israéliennes alors qu'ils tentaient de rallier l'enclave palestinienne, ont témoigné auprès du « Nouvel Obs » de coups, privations et agressions sexuelles durant leur détention par l'État hébreu. Ce vendredi, le Quai-d'Orsay a annoncé avoir saisi la justice sur ces mauvais traitements.

Outre les contusions et les ecchymoses sur tout le corps, Adrien Jouan, membre de la flottille pour Gaza arrêté et détenu par les autorités israéliennes, a eu deux côtes cassées et des brûlures sur la plante des pieds.

Témoignages accablants

Meriem était le numéro 117. Léo et Manon, les 78 et 81. Les autres ? Ils ne se souviennent plus très bien. Adrien Jouan, lui, n'a pas oublié le sien : 168. Peut-être parce que son voilier, le « Lina al-Nabulsi », a été le dernier bateau de la Global Sumud à être intercepté le 19 mai par les forces israéliennes, les autres navires ayant été arraisonnés la veille dans les eaux internationales, au large de Chypre, à environ 250 milles nautiques (environ 460 kilomètres) des côtes de la bande de Gaza.

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Adrien, alias « Tortuga » (son surnom de marin), avait quitté le port de Marseille le 4 avril avec un convoi humanitaire maritime d'une vingtaine de bâtiments pour rejoindre, au niveau de la Turquie, une nouvelle flottille internationale, visant, pour la troisième fois en un an, à briser le blocus imposé par l'État hébreu à l'enclave palestinienne, dévastée par plus de deux ans de guerre.

Après la capture de son embarcation, Adrien, numéro 168, a été dirigé sur l'un des « bateaux-prisons ». Une fois sur le pont, raconte-t-il, « j'ai vite compris que quelque chose clochait. On a vu tout de suite qu'on avait affaire à des soldats, armés jusqu'aux dents, les doigts sur la gâchette ».

Des conditions de détention inhumaines

Les détenus ont été privés de nourriture et d'eau pendant plusieurs heures, contraints de rester à genoux ou à quatre pattes, et soumis à des humiliations verbales et physiques. Certains ont rapporté avoir été frappés à coups de crosse de fusil, tandis que d'autres ont subi des violences à caractère sexuel. Les témoignages font état de gardiens les traitant comme des animaux, les promenant en laisse ou les forçant à ramper.

Adrien Jouan décrit des scènes de violence gratuite : « Ils nous ont frappés sans raison, nous ont brûlé la plante des pieds avec des cigarettes. J'ai dû marcher à quatre pattes, promené en laisse par une gardienne. » Ces sévices ont laissé des séquelles physiques et psychologiques profondes chez les rescapés.

Réaction des autorités françaises

Face à ces révélations, le ministère des Affaires étrangères français a annoncé avoir saisi la justice. Le Quai-d'Orsay condamne fermement ces actes et exige une enquête transparente de la part des autorités israéliennes. Une plainte a été déposée pour mauvais traitements, et la France demande des comptes sur le traitement réservé à ses ressortissants.

Les familles des détenus, soutenues par des associations de défense des droits humains, réclament la libération immédiate de tous les prisonniers et une enquête internationale indépendante. L'incident risque de tendre encore davantage les relations entre Paris et Tel-Aviv, déjà mises à rude épreuve par le conflit à Gaza.

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