Le projet de cession partielle du Groupe Nicollin à Morgan Stanley Infrastructure Partners s'explique par les mutations technologiques et les investissements colossaux dans les métiers de l'environnement, selon Karim Messeghem, professeur agrégé en entrepreneuriat et stratégies à Montpellier Management. Le groupe familial, acteur majeur de la gestion des déchets, cherche à s'adosser à un partenaire financier pour rester compétitif face à des géants comme Veolia, Suez ou Paprec.
Des ruptures technologiques majeures
Messeghem souligne que les métiers liés à l'environnement connaissent une rupture technologique profonde, notamment avec l'électrification des flottes de camions et l'utilisation de l'intelligence artificielle. Ces transformations exigent des investissements considérables, ce qui pousse le groupe à rechercher un partenaire.
« Sur ces métiers liés à l'environnement, on voit effectivement émerger toute une série de ruptures technologiques liées à des obligations environnementales : électrification des flottes, utilisation de l'IA. Ça amène des investissements colossaux », explique-t-il.
Un modèle familial sous pression
Le groupe Nicollin, basé à Montpellier, est une exception dans un tissu économique dominé par les TPE et PME. Sa force réside dans sa capacité à concilier logique économique et ancrage territorial, avec une volonté d'intégrer des collaborateurs issus des quartiers. Cependant, ce modèle est sous pression.
« La force du groupe Nicollin, c'est de concilier une logique économique et une logique marquée par un fort ancrage territorial avec une volonté d'intégrer des collaborateurs issus des quartiers par exemple », rappelle Messeghem.
Un partenariat stratégique
La cession partielle à Morgan Stanley permettrait au groupe de bénéficier de moyens financiers pour investir dans les nouvelles technologies. Pour la famille Nicollin, cela représente aussi une valorisation intéressante. Toutefois, des questions subsistent : pourquoi ne pas avoir cédé la totalité du capital ? Et que se passera-t-il dans dix ans ?
« Deux questions se posent : pourquoi ne pas avoir cédé la totalité du capital ? Et que va-t-il se passer dans dix ans ? », interroge l'universitaire.
Un tournant historique
Cette opération marque un tournant pour le groupe familial, qui a fêté ses 80 ans d'activité. Plusieurs contrats viennent d'être renouvelés, notamment à Montpellier, offrant une visibilité sur les marchés. Le partenariat semble donc arriver à un moment opportun.
« Peut-être que cette opération venait à un bon moment avec un peu de visibilité sur les marchés », note Messeghem. Le groupe conserve également la propriété du club de football Montpellier Hérault, un choix symbolique fort.



