Venezuela : sinistrés relogés dans une tour, détresse 40 jours après
Venezuela : détresse des sinistrés 40 jours après

Quarante jours après les glissements de terrain meurtriers qui ont frappé le Venezuela, des centaines de sinistrés se retrouvent entassés dans une tour de 14 étages, dans des conditions de vie précaires. Alors que les autorités promettent des solutions, la détresse monte parmi les rescapés, qui dénoncent un manque d'eau, d'électricité et d'intimité.

Une tour comme refuge provisoire

Dans la ville de Las Tejerías, dans le nord du Venezuela, une tour de 14 étages, initialement construite pour des logements sociaux, sert désormais de refuge à environ 300 familles. Ces familles ont tout perdu lors des coulées de boue du 8 octobre, qui ont fait au moins 50 morts et des dizaines de disparus, selon les bilans officiels.

Les sinistrés, qui ont été relogés ici, doivent composer avec des appartements non finis, sans portes ni fenêtres, et des parties communes transformées en dortoirs. « Nous sommes comme des sardines, il n'y a pas d'intimité, pas de conditions pour vivre dignement », témoigne Maria, une habitante de 45 ans, jointe par téléphone.

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Des conditions de vie alarmantes

Les témoignages font état de coupures d'eau fréquentes et de pannes d'électricité récurrentes. Les enfants ne peuvent pas aller à l'école, car les établissements sont soit détruits, soit utilisés comme abris. Les adultes, eux, ont perdu leur emploi, pour la plupart informels, et vivent de l'aide humanitaire.

« Nous avons besoin de tout : de nourriture, de vêtements, de médicaments. Mais surtout, nous avons besoin d'une solution durable », explique José, un père de trois enfants, qui a perdu sa maison et son atelier de menuiserie. Selon un rapport de l'ONG Cáritas Venezuela, plus de 2 000 familles sont toujours dans des abris temporaires dans la région.

Le gouvernement promet, les sinistrés doutent

Le gouvernement de Nicolás Maduro a annoncé un plan de reconstruction et la construction de nouveaux logements, mais les sinistrés restent sceptiques. « On nous promet des maisons depuis des semaines, mais on ne voit rien venir. Nous avons peur de passer des mois ici, dans cette tour », confie Carmen, une enseignante à la retraite.

Les autorités locales, elles, assurent que des solutions sont en cours. « Nous travaillons à la réhabilitation de la tour et à la construction de logements définitifs. Mais cela prend du temps », a déclaré à la presse le maire de Las Tejerías, Pedro Hernández. Il a également annoncé une aide d'urgence de 100 dollars par famille, une somme jugée insuffisante par les sinistrés.

Une situation humanitaire critique

La situation est d'autant plus critique que la saison des pluies n'est pas terminée, et que de nouvelles coulées de boue sont possibles. Les sinistrés vivent dans la peur, et beaucoup souffrent de stress post-traumatique. Des psychologues bénévoles tentent de les soutenir, mais les moyens manquent.

« Nous avons besoin d'une aide internationale. Le Venezuela ne peut pas faire face seul à cette catastrophe », plaide Maria. La communauté internationale, elle, reste prudente, en raison de la crise politique et économique que traverse le pays. Selon l'ONU, plus de 7 millions de Vénézuéliens ont besoin d'aide humanitaire, et cette catastrophe naturelle aggrave encore une situation déjà désastreuse.

En attendant, les sinistrés de la tour de 14 étages s'organisent. Des comités de quartier se forment pour gérer les distributions, et des solidarités se créent. Mais la détresse est palpable. « Nous avons perdu nos maisons, nos souvenirs, nos vies. Nous ne voulons pas perdre espoir », conclut José, les larmes aux yeux.

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