À Verneuil-d'Avre-et-d'Iton, dans l'Eure, un couple de riverains vit un véritable calvaire à cause d'une location Airbnb voisine, transformée chaque week-end en lieu de fête pour des groupes de jeunes. Selon Le Parisien, les locataires, souvent une dizaine ou une vingtaine, profitent de l'isolement du logement pour faire la fête sans retenue, transformant le quotidien de leurs voisins en enfer.
Des nuisances répétées et une plainte contre les victimes
Le couple, qui pensait avoir trouvé la tranquillité en s'installant en bordure de cette commune de l'Eure, doit faire face à des nuisances sonores quasi hebdomadaires. « C'est environ 40 week-ends par an que l'on voit passer souvent des jeunes. Ils arrivent à 10, 15, 20, et se croient au bout du monde, isolés. Ce qui est le cas… Sauf que nous sommes là », témoigne la riveraine. Exaspérés, ils se sont rendus sur place pour demander aux fêtards de baisser le volume, mais cette démarche a eu des conséquences inattendues.
« Le loueur a porté plainte contre nous, car nous avons été dans sa propriété pour demander aux locataires de faire moins de bruit. Une plainte classée sans suite. Maintenant, ce sont des menaces, des accusations de dégradations. Comme d'avoir brûlé sa poubelle. C'est un dialogue de sourd. Nous, on demande simplement le calme. Le respect des règles Airbnb », déplore la riveraine. Cette situation a transformé leur vie en « guerre de voisins », selon leurs propres termes.
Un propriétaire absent et des règles inappliquées
Le propriétaire, qui réside à Paris et ne se rend que deux ou trois fois par an sur place, affirme avoir mis en place un règlement intérieur interdisant de déranger le voisinage. Mais, comme le souligne la riveraine, « quand on le dit aux gamins, ils s'en moquent ». Le couple estime que le propriétaire les considère comme « des emmerdeurs » et les accuse de harcèlement. « Nous ne voudrions pas arriver à une procédure judiciaire. Mais, là, c'est la guerre », ajoute-t-elle.
Face à cette situation, le couple a tenté de solliciter les autorités locales. La mairie, selon eux, « s'en moque, même si la police municipale est venue trois ou quatre fois et que des mains courantes ont été déposées ». La préfecture de l'Eure, quant à elle, leur a indiqué avoir transféré le dossier à l'Agence régionale de santé, mais « depuis, rien ». Cette inaction laisse le couple dans une impasse, sans solution immédiate.
La réponse d'Airbnb et un phénomène plus large
Contactée par Le Parisien, la plateforme Airbnb a rappelé sa politique : « Les fêtes sont interdites. Si nous recevons des éléments indiquant qu'un logement génère des nuisances et que celles-ci sont liées à un séjour réservé sur Airbnb, nous prenons les mesures appropriées, qui peuvent aller jusqu'à la suspension de l'annonce, de l'hôte et/ou du voyageur. » Cependant, cette déclaration contraste avec l'expérience du couple, qui n'a constaté aucune intervention concrète de la plateforme.
Cette histoire n'est pas un cas isolé. À Sète, une villa de location est devenue un lieu où les fêtes s'enchaînent, provoquant une véritable guerre de voisinage. D'autres incidents similaires ont été rapportés, notamment à Béziers, où un Airbnb servait de base pour livrer de la drogue en trottinette, ou encore à Nîmes, où la ville cherche à freiner l'explosion des locations touristiques. Ces exemples montrent que les nuisances liées à Airbnb sont un problème récurrent dans de nombreuses villes françaises, et que les riverains peinent souvent à obtenir réparation.



