Tentative d'assassinat de Trump : des doutes émergent dans son propre camp
Tentative d'assassinat de Trump : des doutes dans son camp

13 juillet 2024. Donald Trump se tient sur une estrade à Butler, une petite ville de Pennsylvanie. Derrière lui et devant lui, une foule de partisans. L'ancien homme d'affaires fait campagne pour l'élection présidentielle américaine à venir en novembre 2025. Soudain, un coup résonne : une balle frôle Donald Trump, le blessant à l'oreille. Un pompier venu écouter le républicain est tué, deux hommes sont blessés.

Une image devenue symbole

Le candidat est immédiatement emmené à l'abri par des agents du Secret Service américain, chargé de protéger les personnalités. Alors qu'il s'apprête à quitter l'estrade, Donald Trump, défiant et entouré de ces agents, lève la tête et le poing. Une image qui deviendra un symbole fort pour ses supporters. Cette photo de Donald Trump, défiant après avoir été visé par une balle, avait fait le tour du monde en juillet 2024.

L'enquête du FBI

En novembre 2025, le directeur du FBI, nommé par Donald Trump, dévoile la conclusion de l'enquête de ses services : le tireur, un Américain âgé de 20 ans nommé Thomas Matthew Crooks, a agi seul. Il avait été tué lors du meeting.

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Des doutes dans le camp républicain

Des conclusions aujourd'hui remises en cause par certains au sein du propre camp du président. Sur le réseau social X, certains internautes parlent d'un « coup monté » ou d'une « fausse » tentative d'assassinat, avec parfois l'aide de montages réalisés à l'aide de l'intelligence artificielle. Des accusations qui ne sont pas nouvelles, puisqu'elles étaient apparues quelques heures à peine après le geste du tueur. En 2024, en pleine campagne pour l'élection présidentielle, elles étaient principalement le fait de démocrates ou d'opposants à Donald Trump. Près de deux ans plus tard, c'est au sein du camp républicain que résonne la petite musique du doute.

Les questions de Marjorie Taylor Greene

« Je ne dis pas que la tentative d'assassinat à Butler est un canular, mais qu'il y a de nombreuses questions qui méritent des réponses publiques », a ainsi écrit dimanche Marjorie Taylor Greene, sans apporter d'éléments nouveaux pour étayer ses questionnements. L'ancienne élue de Géorgie et figure des MAGA, les partisans de Donald Trump, a semblé attaquer personnellement le président. « Je me demande pourquoi Trump ne divulgue-t-il pas les informations concernant Matthew Crooks [le tireur] ? [Celui-ci] a-t-il vraiment agi seul ? Si ce n'est pas le cas, qui est derrière lui et qui l'a aidé ? », a développé cette ancienne fervente supportrice de Donald Trump sur X, en concluant : « Pourquoi cette dissimulation ? »

Un ancien conseiller s'interroge

Un mois plus tôt, c'est un autre ancien allié du président qui avait posé le sujet sur la table. Le 19 mars, Tucker Carlson, présentateur conservateur vedette, recevait dans son émission Joe Kent, un conseiller de Trump sur les questions d'antiterrorisme, qui venait de démissionner, opposé au déclenchement de la guerre en Iran. « Nous ne savons toujours pas ce qu'il s'est passé à Butler », a avancé Joe Kent, se demandant pourquoi il n'y avait pas d'enquête sur « la personnalité en ligne » de Thomas Matthew Crooks.

En novembre, Tucker Carlson utilisait déjà cet angle d'attaque sur l'enquête, comme l'ont relevé nos confrères de Snopes. « Le FBI nous a affirmé que Thomas Crooks avait tenté d'assassiner Donald Trump l'été dernier, mais qu'il n'avait, pour une raison ou une autre, laissé aucune trace sur Internet, avait alors posté le présentateur. Le FBI a menti, et nous pouvons le prouver, car nous avons [d]es publications [du tireur]. »

Le Secret Service pointé du doigt

En présentant les conclusions de l'enquête, Kash Patel, le directeur du FBI avait expliqué que Thomas Crooks avait « peu d'échanges », à la fois en ligne et avec des personnes. Un rapport d'une commission parlementaire, présidée par un républicain, avait quant à lui pointé du doigt les manquements du Secret Service ce jour-là. « Ça a été un échec de sécurité à tous les niveaux, rendu possible par une indifférence bureaucratique, le manque de protocoles clairement établis et le refus, choquant, d'agir face à des menaces directes », avait écrit Rand Paul, le président de la commission.

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Pourquoi ces attaques contre Trump ?

Pourquoi utiliser cet angle d'attaque contre Donald Trump ? Ces opposants cherchent peut-être à rebondir sur un mode de pensée, le complotisme, utilisé par Donald Trump lui-même pour rallier ses électeurs, comme le note CNN, qui rappelle les multiples intox du président sur les élections « truquées » ou encore sur les migrants haïtiens. Ces personnalités conservatrices cherchent peut-être aussi à se détacher d'un président à la popularité déclinante, à l'approche des élections de mi-mandat, importantes pour l'avenir du mouvement MAGA.