RDC : la colère gronde contre un possible troisième mandat de Tshisekedi
RDC : colère contre un possible troisième mandat de Tshisekedi

La République démocratique du Congo est secouée par une vague de contestation sans précédent. À Kinshasa, des milliers de personnes ont envahi les rues pour dénoncer un projet de révision constitutionnelle qui pourrait permettre au président Félix Tshisekedi de se représenter pour un troisième mandat. Cette perspective, jugée anticonstitutionnelle par l'opposition et la société civile, a ravivé les tensions dans un pays déjà fragilisé par des décennies de crises politiques et sécuritaires.

Une mobilisation massive et déterminée

Dès les premières heures de la journée, les artères principales de la capitale congolaise ont été bloquées par des manifestants brandissant des pancartes aux slogans hostiles au chef de l'État. « Non au troisième mandat », « Tshisekedi dégage », pouvait-on lire sur les banderoles. La police, déployée en force, a tenté de disperser la foule à l'aide de gaz lacrymogènes, mais les heurts ont fait plusieurs blessés légers. Les organisateurs de la marche, issus de la coalition d'opposition Lamuka, affirment que la mobilisation continuera tant que le gouvernement n'aura pas renoncé à ce projet.

Les arguments du pouvoir en place

Du côté du pouvoir, on justifie cette révision par la nécessité d'adapter la Constitution aux réalités actuelles du pays. Des proches du président avancent que la stabilité politique exige une continuité à la tête de l'État, surtout dans un contexte marqué par l'insécurité dans l'est du pays et les défis économiques. Cependant, cette position est loin de faire l'unanimité, même au sein de la majorité présidentielle, où quelques voix discordantes se sont élevées pour dénoncer une dérive autoritaire.

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Un précédent qui inquiète

L'histoire politique de la RDC est jalonnée de tentatives de révision constitutionnelle visant à prolonger les mandats présidentiels. Le souvenir de Joseph Kabila, qui avait retardé l'organisation des élections en 2016 pour se maintenir au pouvoir, reste vif dans les mémoires. Pour beaucoup de Congolais, ce nouveau projet rappelle les heures sombres de la dictature mobutiste. « Nous ne voulons pas revivre cela. Le peuple congolais a trop souffert pour accepter un nouveau coup de force », déclare un enseignant en grève.

Réactions internationales

La communauté internationale observe avec inquiétude la montée des tensions à Kinshasa. Les Nations unies, par la voix de leur secrétaire général, ont appelé au dialogue et au respect de l'ordre constitutionnel. Les États-Unis et l'Union européenne ont également exprimé leurs préoccupations, tout en exhortant les autorités congolaises à garantir les droits fondamentaux des citoyens. Toutefois, ces déclarations restent pour l'instant sans effet sur le gouvernement, qui semble déterminé à poursuivre son projet.

L'avenir incertain

Alors que la contestation gagne du terrain, l'issue de cette crise politique demeure incertaine. Félix Tshisekedi, arrivé au pouvoir en 2019 après une élection controversée, joue sa crédibilité. S'il cède à la pression, il risque de fragiliser son camp. S'il maintient le cap, il s'expose à une escalade de la violence. Dans les rues de Kinshasa, la détermination des manifestants est palpable, mais la peur d'une répression sanglante plane. Le pays retient son souffle.

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