Ratko Mladić, le «boucher des Balkans», est mort à 83 ans
Ratko Mladić, «boucher des Balkans», mort à 83 ans

Ratko Mladić, ancien commandant en chef de l'armée serbe de Bosnie, est décédé à l'âge de 83 ans. Il purgeait une peine de prison à perpétuité après avoir été reconnu coupable de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Sa mort a été annoncée ce jeudi par son avocat, confirmant qu'il était décédé dans sa cellule à La Haye, où il était détenu.

Un parcours militaire marqué par la guerre en Bosnie

Né en 1942 dans l'est de la Bosnie, Ratko Mladić a gravi les échelons de l'Armée populaire yougoslave avant de devenir le commandant des forces serbes de Bosnie en 1992, au début du conflit qui a déchiré la région pendant près de quatre ans. Sous son commandement, les troupes serbes ont assiégé Sarajevo pendant 1 425 jours, faisant des milliers de victimes parmi les civils.

Son nom reste associé au massacre de Srebrenica en juillet 1995, où plus de 8 000 hommes et adolescents musulmans bosniaques ont été exécutés en quelques jours, un acte qualifié de génocide par la justice internationale. Ce drame est considéré comme la pire atrocité commise en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

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Une traque de seize ans et un procès historique

Inculpé par le TPIY en 1995, Mladić a échappé aux autorités pendant seize ans avant d'être arrêté en Serbie en mai 2011. Son procès, qui s'est ouvert en 2012, s'est conclu en 2017 par une condamnation à la prison à perpétuité, confirmée en appel en 2021. Les juges ont souligné son rôle central dans la planification et l'exécution des crimes les plus graves commis pendant le conflit.

Sa mort, survenue alors qu'il était toujours détenu, met un terme à une vie marquée par la guerre et la justice internationale. Les réactions ne se sont pas fait attendre, notamment parmi les familles des victimes de Srebrenica, qui ont exprimé un sentiment de justice enfin rendue, même si beaucoup auraient souhaité le voir purger sa peine jusqu'au bout.

Un héritage controversé et des réactions contrastées

Pour les proches des victimes, la mort de Mladić représente la fin d'un chapitre douloureux. «C'est une nouvelle qui soulage, mais qui ne ramène pas nos morts», a déclaré un porte-parole de l'association des mères de Srebrenica, cité par l'agence de presse. D'autres, en Serbie et en Bosnie serbe, continuent de considérer Mladić comme un héros, une division qui illustre la persistance des fractures ethniques dans la région.

La disparition de l'ancien général intervient alors que les blessures de la guerre des Balkans restent vives, et que les appels à la réconciliation se multiplient. Les autorités de Bosnie-Herzégovine ont annoncé qu'elles suivraient de près les suites de cette annonce, tandis que les historiens soulignent l'importance de préserver la mémoire des victimes pour éviter que de tels crimes ne se reproduisent.

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