Le président russe Vladimir Poutine a réagi mardi aux avertissements de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky concernant l'espace aérien russe, les qualifiant de « déclaration de terrorisme d'Etat » et affirmant qu'« on ne négocie pas avec les terroristes ». Cette déclaration intervient alors que Zelensky avait prévenu l'aviation civile et les partenaires de Kiev que les drones ukrainiens rendraient dangereux d'emprunter l'espace aérien russe.
Une escalade verbale entre Moscou et Kiev
Les propos de Poutine, rapportés mardi matin, marquent une nouvelle escalade dans le conflit qui oppose la Russie à l'Ukraine depuis plus de quatre ans. Le président russe a explicitement refusé toute discussion avec Kiev, comparant les avertissements ukrainiens à des actes de terrorisme. Cette position ferme contraste avec les efforts diplomatiques déployés par certains pays pour favoriser un dialogue.
De son côté, Volodymyr Zelensky avait mis en garde mardi les compagnies aériennes et les partenaires internationaux de l'Ukraine contre les risques liés à l'utilisation de l'espace aérien russe, en raison des opérations de drones ukrainiens. Cette annonce visait à dissuader les vols civils au-dessus de la Russie, une mesure sans précédent dans le conflit.
Le G20 Finance sous tension avec la présence russe
Parallèlement, la présence du ministre russe des Finances Anton Silouanov au sommet du G20 Finance qui s'est tenu à Asheville, en Caroline du Nord, a créé des tensions diplomatiques. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, hôte de l'événement, a assumé cette invitation, affirmant que la présence russe n'avait « pas eu d'impact » sur les discussions. « Je sais que certains Européens en ont gardé un goût amer, mais je pense qu'il est très important de discuter » avec la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine, a-t-il déclaré à l'issue de deux jours de réunions.
Le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne a toutefois nuancé ce point de vue, décrivant à l'AFP que la participation de son homologue russe « a créé un malaise, sans aucun doute ». Cette divergence de perception illustre les fractures au sein des pays occidentaux sur la stratégie à adopter face à Moscou.
L'Allemagne et l'Otan durcissent le ton contre Moscou
Dans le même temps, l'Allemagne a annoncé mardi des mesures de rétorsion contre la Russie, après l'avoir accusée d'avoir envoyé un drone chargé d'explosifs début août à l'aéroport de Leipzig. Cette plateforme militaire est considérée comme capitale pour l'armée allemande et pour l'Otan. Ces mesures s'ajoutent aux tensions croissantes entre Berlin et Moscou, qui n'ont cessé de s'accroître depuis le début de l'invasion russe en Ukraine.
La Russie poursuit par ailleurs ses frappes contre l'Ukraine, notamment avec des missiles balistiques que Kiev peine à intercepter, faute de munitions pour ses systèmes de défense antiaériens. Cette situation précaire sur le terrain alimente les inquiétudes sur la capacité de l'Ukraine à se protéger face aux attaques russes, alors que le conflit entre dans sa cinquième année.



