Dès l'Antiquité, les humains ont employé des méthodes de guerre non conventionnelles, allant du poison aux animaux déchaînés. Une étude récente met en lumière ces pratiques souvent ignorées, qui préfigurent les armes modernes de destruction massive.
Des pratiques guerrières ancestrales
Selon une étude publiée dans la revue History of Warfare, les civilisations antiques utilisaient déjà des armes chimiques, biologiques et des animaux comme outils de combat. Les exemples sont nombreux : des cadavres d'animaux contaminant des puits, des flèches empoisonnées, ou encore des ruches lancées sur les ennemis.
Adrienne Mayor, historienne à l'université Stanford et autrice de l'étude, explique : « Les Anciens étaient bien plus inventifs qu'on ne le pense. Ils ont développé des tactiques qui, dans leur principe, ne diffèrent pas beaucoup des armes de destruction massive modernes. »
Des exemples concrets
L'étude cite plusieurs cas documentés. Par exemple, en 189 avant J.-C., les habitants de la ville grecque d'Amphipolis ont lancé des ruches sur les navires romains. Les abeilles ont semé la panique parmi les soldats, les forçant à battre en retraite.
Autre exemple : lors du siège de la ville d'Hatra, en Mésopotamie, en 198 après J.-C., les défenseurs ont utilisé des pots remplis de scorpions et de serpents venimeux, projetés sur les assaillants romains.
Les armes chimiques n'étaient pas en reste. Les textes anciens mentionnent l'utilisation de fumées toxiques, de poisons dans les réserves d'eau, et même de chaux vive pour aveugler les ennemis.
Une continuité historique
Ces pratiques montrent que la guerre non conventionnelle n'est pas une invention moderne. Les historiens soulignent que ces méthodes étaient souvent considérées comme déloyales, mais elles étaient monnaie courante.
« Les Anciens ne faisaient pas de distinction entre guerre conventionnelle et non conventionnelle. Pour eux, tout était permis pour gagner », ajoute Mayor.
Cette étude rappelle que les armes de destruction massive ont des racines profondes dans l'histoire humaine, et que leur usage est loin d'être une nouveauté.



